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Dans la plus vaste étude du genre, COMPASS-ND, des Canadiens s'associent à des chercheurs pour explorer de nouvelles façons de traiter la démence

17 novembre 2016

Maintenant que les membres de la génération des baby-boomers ont atteint le statut de « personnes âgées », les chercheurs constatent un nouveau phénomène : le nombre de cas de régression des facultés intellectuelles liée au vieillissement s'accroît avec l'augmentation du nombre de Canadiens de plus de 65 ans.

La prévalence accrue des maladies neurodégénératives a poussé l'Organisation mondiale de la santé à lancer un appel à l'action. En réponse à cet appel, le Canada a fait de cet enjeu une priorité de recherche nationale.

Dans le cadre des mesures du gouvernement du Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont élaboré la Stratégie de recherche sur la démence, avec comme objectif de promouvoir l'innovation et la collaboration dans ce domaine.

La Stratégie comprend l'étude phare récemment annoncée du Consortium canadien en neurodégénérescence et vieillissement (CCNV), COMPASS-ND. Cette initiative de recherche nationale est axée sur la maladie d'Alzheimer et les troubles neurodégénératifs connexes.

Doté d'un financement de 8,4 millions de dollars des IRSC et de leurs partenaires, COMPASS-ND a pour mandat d'examiner les effets du vieillissement sur le cerveau dans une perspective nouvelle. Comme son nom l'indique, l'étude est le signe d'un important changement de trajectoire dans la recherche sur les maladies neurodégénératives.

Par le truchement de COMPASS-ND, les chercheurs s'éloigneront de l'étude des affections neurodégénératives dans sa forme pure, peu courante en réalité. Ils adopteront plutôt une approche plus globale, examinant ce que les maladies et les affections neurodégénératives ont en commun, et ce qui les différencie.

Au cours des deux prochaines années, 1 600 Canadiens de 50 à 90 ans uniront leurs efforts à ceux de chercheurs de partout au pays pour réaliser une évaluation exhaustive des nombreuses facettes de la neurodégénérescence et de la démence.

La participation à l'étude sera limitée à des personnes ayant déjà reçu un diagnostic de maladie neurodégénérative, comme la maladie d'Alzheimer, la démence, la maladie à corps de Lewy et la maladie de Parkinson, ou des affections comme le trouble cognitif léger ou le déclin cognitif subjectif.

Dr Howard Chertkow
Directeur scientifique du CCNV
Professeur à l'Université McGill et neurologue à l'Hôpital général juif de Montréal
Photo – avec la permission du CCNV

Dr Michael Borrie
Directeur de l'étude COMPASS-ND
Gériatre au St. Joseph's Health Care London
Photo – avec la permission du CCNV

Selon le Dr Michael Borrie, le directeur de l'étude COMPASS-ND et gériatre au St. Joseph's Health Care London :

« Cette étude se démarque par rapport aux autres initiatives dans le monde. Elle est en effet unique puisqu'elle intègre des personnes atteintes de diverses formes de démence, pas juste la maladie d'Alzheimer, et qu'elle donne la possibilité à ces personnes de participer à des interventions susceptibles de ralentir ou de freiner l'apparition de symptômes. L'avantage de cela est que les participants n'ont pas à choisir entre faire quelque chose pour eux-mêmes et quelque chose pour la recherche; ils peuvent faire les deux. »

Un autre objet de l'étude COMPASS-ND consiste à tenir compte des divergences liées au sexe des personnes, lesquelles sont peu comprises à l'heure actuelle. Les hommes sont, par exemple, plus susceptibles de souffrir d'une démence vasculaire que les femmes, et les femmes sont plus susceptibles d'être atteintes de la maladie d'Alzheimer. On espère que cette étude aidera les chercheurs à établir qui sont à risque de démence, pourquoi le sexe des personnes compte pour certaines affections, mais pas pour d'autres, ainsi que des stratégies visant la détection précoce et des traitements personnalisés.

« Nous cherchons à avoir un portrait détaillé des Canadiens atteints de démence ou à risque de la maladie par le phénotypage des personnes ou la cueillette d'information sur différents types de démence et domaines d'intervention, comme la génétique et l'imagerie cérébrale. Nous croyons que cette approche nous aidera à mieux comprendre les similarités et les différences pour toutes les formes de démence, ce qui devrait mener à des améliorations en matière de diagnostic et de traitement. »

Dr Howard Chertkow, directeur scientifique du CCNV, professeur à l'Université McGill et neurologue à l'Hôpital général juif de Montréal

Dr Anthony Phillips
Directeur scientifique de l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies des IRSC

Dr Yves Joanette
Directeur scientifique de l'Institut du vieillissement des IRSC

« L'étude COMPASS-ND permettra au Consortium canadien de démêler la complexité des maladies du cerveau qui cause la démence grâce à une approche novatrice en contexte réel. Cette perspective toute canadienne permettra à COMPASS-ND d'être mieux à même de favoriser d'importantes découvertes pour la prévention et le traitement des maladies du cerveau étroitement liées et à l'origine de la démence. »

Les Drs Yves Joanette et Anthony Phillips codirigent la Stratégie de recherche sur la démence des IRSC, qui comprend le Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement (CCNV).

Par le truchement de COMPASS-ND, le CCNV continuera de cultiver les nombreuses relations fructueuses qu'il a établies à ce jour avec le milieu de la recherche mondiale.

Comment l'étude sera-t-elle menée?

Un ensemble type de données (échantillons de sang, de salive et d'urine) sera recueilli auprès des participants à l'étude et sera rendu accessible aux membres des 20 équipes de recherche du CCNV qui participent à COMPASS-ND à 30 endroits différents au Canada.

Des données cliniques, neuropsychologiques et d'imagerie par résonance magnétique seront également recueillies. Les participants volontaires auront l'occasion de subir des interventions supplémentaires, comme une ponction lombaire.

Un suivi annuel sera fait et des interventions de base seront répétées deux ans plus tard.

Comme ultime acte de générosité, les participants pourront choisir de faire don, à leur décès, de leur cerveau aux fins de l'étude.

Savoir plus au sujet de l'étude et la façon d'y participer

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