Prévenir le diabète outre mer
Des chercheurs canadiens introduisent un fructueux programme de sensibilisation à la santé aux Philippines

Dre Lisa Dolovich
Université McMaster

Des chercheurs de l'Université McMaster, de l'Université de Montréal, de l'Université de Toronto et de l'École de médecine du Nord de l'Ontario travaillent avec des chercheurs, des responsables de la santé et des travailleurs en santé communautaire pour prévenir le diabète aux Philippines.

Pour ce faire, ils adaptent et mettent à l'essai un fructueux modèle d'intervention en santé initialement conçu et maintenant largement utilisé au Canada pour promouvoir la santé cardiovasculaire.

Le diabète est en hausse partout dans le monde. L'Organisation mondiale de la santé estime que 422 millions de personnes dans le monde sont atteintes de diabète. En 2012, l'OMS considérait que le diabète était directement en cause dans 1,5 million de décès, surtout dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, comme les Philippines.

La Dre Lisa Dolovich, du Département de médecine familiale de l'Université McMaster, et son équipe s'efforcent d'inverser cette tendance.

Ils étudient la faisabilité et l'efficacité d'utiliser la Programme de sensibilisation à la santé cardiovasculaire (PSSC) pour améliorer la sensibilisation au diabète, ainsi que la prévention, le diagnostic précoce et la prise en charge de la maladie, dans les communautés rurales de la péninsule de Zamboanga, dans le sud‑ouest des Philippines.

Le projet PSSC‑P est réalisé en collaboration avec des chercheurs à l'Université Aeteneo de Zamboagna et des experts du ministère de la Santé des Philippines.

« C'est vraiment important que nous comprenions le système de santé dans lequel nous introduisons l'intervention », dit la Dre Dolovich. « Notre façon de structurer les soins de santé au Canada ne fonctionnera pas toujours dans d'autres pays. »

Le collègue de la Dre Dolovich, le Dr Ricardo Angeles, membre de l'équipe du PSSC à McMaster, joue un important rôle en créant une passerelle entre l'expertise canadienne et la perspective locale.

Le Dr Angeles est médecin, épidémiologiste en santé publique, et ex‑doyen adjoint de l'École de médecine de l'Université Aeteneo de Zamboagna aux Philippines. Il a obtenu son doctorat en méthodologie de la recherche en santé à l'Université McMaster, sous la supervision de la Dre Dolovich.

Lea Montigo, assistante de recherche de l’Université Aeteneo de Zamboagna, travaillant sur le terrain.

Le projet de cinq ans est cofinancé par les Instituts de recherche en santé du Canada et le Centre de recherches pour le développement international du Canada dans le cadre du programme de prise en charge du diabète de l'Alliance mondiale contre les maladies chroniques (AMMC).

L'AMMC est un partenariat des principaux organismes de financement de la recherche en santé dans le monde qui vise expressément à lutter contre les maladies chroniques non transmissibles dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ce projet aux Philippines est un de 17 projets (auxquels participent 23 pays) appuyés par l'AMMC en vertu de son programme de prise en charge du diabète.

« Étant née aux Philippines, j'ai été heureuse d'avoir la possibilité de visiter les barangays (villages) du projet dans le Zamboanga et j'ai trouvé inspirant l'engagement de l'équipe de projet auprès des responsables locaux de la santé et du gouvernement, souvent dans des environnements instables et dangereux », dit Celina Gorre, directrice générale de l'AMMC. « J'ai vu qu'avec les connaissances de première main et les outils dont ils disposaient sur place grâce au PSSC‑P, les travailleurs en santé communautaire étaient en mesure d'enrayer l'épidémie de diabète. J'ai hâte de connaître les résultats de l'étude, qui peuvent avoir une portée considérable à la grandeur des Philippines, et de fait dans d'autres pays à revenu faible ou intermédiaire. »

« C'est un véritable privilège de travailler avec nos partenaires aux Philippines », dit la Dre Dolovich, qui envisage de se rendre dans ce pays en juin pour y rencontrer son équipe. « Nous pouvons en apprendre beaucoup d'eux sur la façon de mener des recherches et d'appliquer les connaissances dans les communautés. »

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