Un bon coup : un chercheur du CHEO met au point un outil post-commotion cérébrale pour les enfants

Dr Roger Zemek, chercheur au Centre hospitalier pour enfants de l'Est de l'Ontario et professeur agrégé à l'Université d'Ottawa

Vous voyez des étoiles? Un nouvel outil mis au point au CHEO décode la constellation de symptômes signalant une lésion cérébrale et évalue avec justesse le temps de rétablissement

22 mars 2016

Les commotions cérébrales sont les traumatismes cérébraux les plus fréquents chez les enfants et les adultes.

Les commotions cérébrales n'ont rien de simple. La somme d'énergie nécessaire pour guérir d'une blessure au cerveau est énorme, le corps redéployant vers cet organe toute l'énergie que demande son rétablissement. Les réserves d'énergie du patient se trouvent alors épuisées, et celui-ci devient incapable de poursuivre ses activités quotidiennes normales.

En 2015 seulement, le Dr Roger Zemek et ses collègues au Centre hospitalier pour enfants de l'Est de l'Ontario (CHEO) ont traité près de 1 000 enfants pour des commotions cérébrales. C'est environ trois enfants par jour qui arrivent à l'urgence avec des blessures à la tête, qui vont de légères à catastrophiques.

Le Dr Zemek est pédiatre-urgentologue et chercheur à l'Institut de recherche du CHEO, et professeur agrégé à l'Université d'Ottawa. Il croit que chaque commotion cérébrale est différente et que chaque enfant récupère différemment.

Le défi pour le médecin traitant est de gérer adéquatement les attentes quant au rétablissement d'enfants impatients de retrouver une vie active, en prenant en compte les inquiétudes des parents.

Trente mille commotions cérébrales ou traumatismes crâniens connexes sont déclarées chaque année chez les 12 à 19 ans, 66 % étant subis dans le cadre d’activités sportives.

Source : Statistique Canada

Il est important de reconnaître que le cerveau n'est pas une partie du corps comme les autres. C'est l'unité centrale de l'organisme et, selon le Dr Zemek, un cerveau secoué a besoin de temps pour guérir. Combien de temps? Ce n'était pas clair jusqu'à récemment, car les médecins ne disposaient que de peu d'outils pour déterminer le temps nécessaire au rétablissement.

C'est cette lacune évidente qui a incité le Dr Zemek et ses collègues à réaliser l'étude 5P, Predicting and Preventing Post-concussive Problems in Pediatrics (Prévoir et prévenir les problèmes post-commotion en pédiatrie), qui a débuté dans les faits en 2011.

Le Dr Zemek a obtenu une subvention d'équipe des IRSC pour réunir à Ottawa un réseau de chercheurs de partout en Amérique du Nord et élaborer la méthodologie aux fins de l'étude 5P, la plus vaste en son genre au monde.

Les IRSC ont ensuite alloué d'autres fonds pour appuyer une étude exhaustive dans le cadre de laquelle 3 000 enfants ont été traités à une de neuf urgences pédiatriques d'hôpitaux participants partout au Canada. Cela a permis à l'équipe de recherche d'obtenir les données nécessaires pour mettre au point l'outil d'évaluation prédictive.

« Le financement des IRSC a été essentiel au succès de l'étude 5P. Sans lui, on n'aurait jamais pu en arriver où nous en sommes aujourd'hui. Grâce à la subvention des IRSC, j'ai pu réunir les plus grands experts du monde à Ottawa pour déterminer comment concevoir l'étude »

Dr Roger Zemek

Aujourd'hui, l'outil d'évaluation prédictive clinique du Dr Zemek permet au médecin traitant de poser une série de questions simples à l'enfant et de lui faire exécuter des tâches physiques élémentaires afin de recueillir l'information nécessaire pour mesurer l'effet de la commotion cérébrale sur les divers systèmes de l'organisme régis par le cerveau.

D'après les réponses du patient et les observations du médecin, la carte de pointage est remplie et les points sont additionnés pour déterminer la gravité de la blessure.  

Les avantages de cette avancée spectaculaire sont doubles : les enfants qui subissent une grave commotion reçoivent le traitement dont ils ont besoin sans tarder, et les médecins sont plus à même de prévoir avec justesse la période de convalescence nécessaire.

L'étude 5P, qui vient d'être publiée dans JAMA, le Journal of the American Medical Association, est mondialement encensée et contribue à asseoir la réputation du CHEO comme établissement de recherche pédiatrique de premier plan.

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