Freiner l’intimidation dès l’enfance

Dans la cour d’école, au travail et dans le cyberespace : l’intimidation est plus répandue que jamais

24 février 2016

Le terme « intimidation » évoque des écoliers au caractère dominateur qui s’acharnent sur d’autres enfants. Cependant, l’intimidation ne se limite pas à la cour de récréation.

Les intimidateurs sont omniprésents : sur nos écrans de télé, dans les écoles, dans les lieux de travail, au terrain de jeu du quartier ou au centre commercial.

Partout où les gens se rassemblent, les intimidateurs sont de la partie. Ils affectionnent tout spécialement les médias sociaux populaires où, tapis dans l’ombre du cyberespace, ils peuvent attaquer leurs proies en tout anonymat.

Tout comme leurs cibles, il existe des intimidateurs de toutes tailles et de tous âges. Leurs armes de prédilection sont l’agression, l’intimidation, l’isolement et l’humiliation, et leurs comportements visent à humilier, à dominer, à harceler, à isoler, à menacer ou à contrôler leurs victimes.

Les intimidateurs se nourrissent de la vulnérabilité des autres. Avec le temps, leur conduite a pour effet de créer un sentiment d’insécurité chez leurs victimes.

Cependant, personne n’en sort gagnant; la recherche démontre que l’intimidation peut causer des séquelles psychologiques durables à la victime, au témoin et à l’intimidateur même, ce qui en fait un grave problème de société.

Autrefois, le terme « intimidation » s’employait uniquement pour parler des mauvais traitements physiques, comme les coups de pied, les coups de poing et autres. Cependant, la définition a évolué avec le temps. La recherche démontre que d’autres formes d’agressions non physiques – violence verbale, exclusion sociale – peuvent produire des effets tout aussi dommageables.

Source : Sécurité publique Canada

Si le comportement de l’intimidateur peut être intentionnel ou non, direct ou indirect, ses résultats sont sans équivoque.

Selon la Dre Wendy Craig, chercheuse financée par les IRSC, professeure de psychologie à l’Université Queen’s et codirectrice scientifique de PREVNet (réseau Promotion des relations et élimination de la violence), ces agissements perturbent non seulement la victime, mais aussi les témoins, qui constatent les conséquences de l’abus de pouvoir de l’intimidateur.

Avec ses collègues de PREVNet et du Bully Lab, la Dre Craig consacre sa carrière à combattre l’intimidation et, ce faisant, nous aide à mieux comprendre les risques associés, ainsi que le rôle des familles, des écoles et de chacun dans la création de relations sociales saines.

Apprendre la gentillesse aux intimidateurs

Le travail accompli par la Dre Craig au Bully Lab repose sur la collaboration. Elle croit que les parents et les éducateurs ont un rôle à jouer dans l’enseignement de valeurs comme la gentillesse et le respect aux enfants. En proposant un modèle comportemental positif, les parents et les éducateurs peuvent contribuer à changer les mentalités et les attitudes négatives qui mènent à l’intimidation. 

La recherche démontre qu’en milieu scolaire, la gentillesse peut engendrer un climat de bienveillance et d’acceptation permettant aux élèves d’avoir un meilleur rendement et un meilleur comportement en classe. Promouvoir la gentillesse est l’une des meilleures stratégies qui soient pour améliorer la qualité de vie des enfants et des adolescents, car les intimidateurs et leurs victimes peuvent adopter une perspective plus positive qui les aidera à vivre une vie plus heureuse et plus productive.

Selon des statistiques de la Croix-Rouge canadienne, 89 % des enseignants canadiens considèrent l’intimidation comme une de leurs plus grandes préoccupations.

Des chercheurs financés par les IRSC, comme les Dres Catherine Taylor et Tracey Peters à l’Université du Manitoba, la Dre Elizabeth Saewyc à l’Université de la Colombie-Britannique, la Dre Wendy Craig à l’Université Queen’s et la Dre Line Chamberland à l’Université du Québec à Montréal, étudient l’importance de l’inclusion et de la sécurité dans les écoles partout au Canada, ainsi que l’impact de l’intimidation sur les jeunes plus vulnérables.

À suivre…

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Au cours des prochaines semaines, les IRSC présenteront dans La recherche en santé à l’œuvre des articles sur certains des principaux chercheurs dans le domaine de l’intimidation au Canada.

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