Prêt à « reculer »?

Maintenir une bonne santé lors du changement d’heure

28 octobre 2015

Le dimanche 1er novembre, l’heure d'été se termine et nous allons reculer nos horloges d’une heure. Mais qu'arrive-t-il à nos horloges internes? Certaines personnes sont-elles plus sensibles aux changements d’heure que d’autres? Comment cela affecte-t-il la façon dont nous dormons?

Nous avons posé ces questions au Dr Roger Godbout, chercheur de l'Université de Montréal et financé par les IRSC, qui étudies comment le changement d’heure affecte notre routine journalière et se spécialise dans les mesures préventives à la perte de sommeil.

Audio – Entrevue avec Dr Roger Godbout

Transcription


Dr Roger Godbout, Institut universitaire en santé mentale de Montréal
Avec la permission de l’Université de Montréal.

Ici David Coulombe et les nouvelles de la recherche en santé à l’œuvre des IRSC. Nous changeons l’heure deux fois par année et même s’il s’agit d’avancer ou de reculer notre cadran d’une heure seulement, les conséquences sont bien présentes sur notre organisme et surtout sur notre sommeil.

Pour parler de l’impact du changement d’heure sur le sommeil, mon invité aujourd’hui est le Dr Roger Godbout, chercheur financé par les Instituts de recherche en santé du Canada.

David Coulombe : Dr Godbout, bonjour.

Dr Roger Godbout : Bonjour.

David Coulombe : Est-ce bien vrai de dire que le changement d’heure a un impact sur notre sommeil?

Dr Roger Godbout : Ça a en effet un impact sur notre sommeil, mais ce n’est pas le même impact pour tous.

Quand on reculera nos montres de 60 minutes, on va gagner une heure de sommeil. Pour le réveil, quand le cadran indiquera 7 h, notre corps sera encore à 8 h, ce qui veut dire que le dimanche matin, on gagne effectivement du temps, mais le lundi matin, ça va être différent un petit peu, le cadran sonnera toujours à la même heure. Les lève-tôt vont se lever quand même à l’heure habituelle, par exemple, ils vont se réveiller à 5 heures du matin, à l’heure du cadran, parce que leur cerveau sera encore à 6 heures. Alors, ça ne sera pas avantageux pour tout le monde.

David Coulombe : Est-ce qu’on peut se préparer à l’avance pour diminuer les conséquences justement?

Dr Roger Godbout : On peut se préparer à l’avance en ajustant son horaire, je dirais pour ceux qui souffrent plus du changement d’horaire. On peut se préparer en changeant son horaire en prenant ses repas un peu plus tard chaque jour. Par exemple, on peut commencer cinq jours d’avance à souper dix minutes plus tard que d’habitude. Donc plutôt que de souper à 6 h, souper à 6 h 10 et le lendemain, à 6 h 20, le lendemain à 6 h 40, ainsi, on sera déjà prêts à souper à 7 h au cadran qui sera 6 h au changement d’heure. Ça va être parfait.

David Coulombe : Est-ce qu’il y a un groupe d’individus plus à risque de subir des changements?

Dr Roger Godbout: Les lève-tôt vont en souffrir un peu plus parce qu’ils ne profiteront pas de l’heure supplémentaire et que leur corps est habitué de se lever à une certaine heure. Ça peut prendre de sept à dix jours pour s’habituer dans certains cas. Les personnes âgées qui ont un rythme un peu plus rigide et les nourrissons aussi qui sont habitués d’être nourris aux trois ou quatre heures, faire un changement d’une heure pour eux, c’est beaucoup, et c’est bien de se préparer un peu d’avance. Il y a aussi les travailleurs qui ont le quart du soir, qui vont travailler de 16 h à minuit, rendu à minuit, leur cerveau sera rendu à 1 h du matin les premiers jours après un changement d’heure. Ils seront donc un petit peu plus fatigués lors de ces quarts de travail.

David Coulombe : Est-ce qu’il y a une différence au niveau des conséquences entre les deux changements d’heure? Il y a un changement d’heure qui survient plus au printemps/été et l’autre plus à l’automne/hiver. Est-ce qu’il y a une différence?

Dr Roger Godbout : Oui effectivement, on est portés à croire qu’on perd une heure de sommeil lors du changement d’heure du printemps au mois de mars et c’est vrai. Les conséquences sont-elles si terribles? Je dirais que ça, peut-être pas. Les évidences scientifiques ne sont pas tout à fait solides, mais encore une fois, il y a des gens qui sont plus sensibles au changement d’heure et vont en souffrir aussi au mois de mars. À l’automne, c’est difficile pour une heure, parce qu’il fait noir plus tôt et les gens sensibles au changement d’heure vont peut-être en souffrir plus.

David Coulombe : Peut-être une dernière question plus générale, que recommandez-vous, Dr Godbout, peu importe la clientèle, les personnes âgées, les enfants ou les adultes? Quel est votre conseil en général?

Dr Roger Godbout : Ça serait d’avoir une hygiène de sommeil qui est adaptée et particulièrement autour du changement d’heure, de soigner son alimentation, par exemple éviter la caféine et l’alcool en soirée, prendre des repas sains plus réguliers pour laisser la chance à l’horloge de s’ajuster.

David Coulombe : Dr Roger Godbout, un gros merci.

Dr Roger Godbout : Ça m’a fait plaisir.

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