Discours du Président : Conférence ministérielle de l'OMS sur l'action mondiale contre la démence

16 mars 2015

Genève (Suisse)

Merci, Dr Saxena.

Chers collègues et distingués invités,

Au nom du gouvernement du Canada et de la ministre de la Santé, l'honorable Rona Ambrose, j'aimerais remercier l'Organisation mondiale de la santé d'être l'hôte de cette importante conférence ministérielle. Le gouvernement du Canada souhaite également souligner le leadership et l'engagement du premier ministre britannique, David Cameron, qui a fait appel au G7 pour réclamer des mesures contre la démence.

Je m'en voudrais de ne pas profiter de l'occasion pour exprimer ma gratitude personnelle au gouvernement de la France et au Dr Yves Levy, de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, qui se sont joints à nous pour tenir l'Événement mondial contre la démence Canada-France, en septembre dernier.

Le fardeau de la démence a été bien documenté et clairement exposé dans diverses présentations au cours de la conférence et des rencontres de suivi qui ont eu lieu au cours de la dernière année.

Il est bien connu qu'un certain nombre d'obstacles demeurent à surmonter. À moyen terme, il faut créer des possibilités de mettre en commun des données à l'échelle internationale et établir des réseaux de recherche clinique; il faut accroître la collaboration en ce qui concerne le diagnostic de la maladie, et accélérer les partenariats de recherche internationaux.

À long terme, il faut en faire davantage pour encourager la recherche axée sur le patient et créer des possibilités de réduire le fardeau administratif et réglementaire qui pèse sur les essais cliniques.

D'un point de vue canadien, cependant, la difficulté est encore plus grande du fait de notre structure gouvernementale. En effet, nous avons 13 systèmes de soins de santé provinciaux et territoriaux, chacun responsable du traitement et du soin de la population qu'il dessert. Le défi est probablement semblable à celui de nombreux pays représentés ici aujourd'hui.

Si grandes soient-elles, ces difficultés ne sont pas insurmontables. Les facteurs qui unifient nos multiples systèmes relèvent du mandat fédéral : ce sont la surveillance et le contrôle, la prévention et la recherche. Et nous avons réalisé d'importants progrès dans chacun de ces domaines.

Sur le plan de la recherche, nous nous sommes appliqués à soutenir des partenariats qui permettront de produire les connaissances nécessaires pour améliorer la prévention, le diagnostic, le traitement, ainsi que les normes de soins pour les personnes atteintes de démence.

Depuis de nombreuses années maintenant, nous participons à des partenariats internationaux pour établir des normes de diagnostic communes, mettre en commun des modèles animaux, élargir la portée des essais cliniques et mettre au point des approches de diagnostic précoce.

À l'intérieur de nos frontières, nous avons formé le Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement, ou CCNV. Il s'agit d'une initiative pancanadienne conçue pour mettre en contact les chercheurs d'un océan à l'autre et faire naître des idées qui transformeront la qualité de vie des personnes atteintes d'une maladie neurodégénérative, ou touchées par une telle maladie, ainsi que la qualité des services leur étant offerts.

Afin de réduire le fardeau administratif et d'aider à s'attaquer aux défis posés par la réglementation des essais cliniques, nous avons récemment créé le Centre canadien de coordination des essais cliniques. Cette initiative aidera à simplifier les processus pour les sociétés et les chercheurs désireux d'entreprendre des essais, et elle débouchera en définitive sur de meilleurs traitements médicaux.

Pour s'attaquer aux problèmes à long terme, notre gouvernement a compris que le succès passe par la capacité d'apprendre des autres. Il a compris le besoin de renforcer l'entreprise de recherche par le principe fondamental selon lequel les innovations en santé fondées sur des données probantes doivent prendre appui sur une expérience de soins personnalisés où soignants, patients et information médicale sont interreliés. Ces principes sont au cœur du mandat des Instituts de recherche en santé du Canada et de leur Stratégie de recherche axée sur le patient.

Aider les Canadiens à vieillir en santé est un volet important de notre programme de santé publique. Le Programme de modes de vie sains du Canada investit dans l'activité physique, la saine alimentation, la réduction du tabagisme, et la création de conditions propices à des comportements sains dans nos communautés.

Nous travaillons avec des partenaires dans les secteurs public et privé pour accroître la portée et l'impact de nos programmes et favoriser l'innovation. Le travail que nous faisons avec la Société Alzheimer du Canada pour lancer le programme Amis Alzheimer Canada, en nous inspirant des modèles utilisés au Japon et au Royaume-Uni, permettra d'accroître la sensibilisation, d'offrir de l'information et d'assurer une formation afin que les entreprises et les communautés soient outillées pour soutenir les personnes atteintes de démence. C'est en intégrant la thématique de la démence à nos objectifs en matière de santé publique que nous réussirons à changer les choses.

Nous avons beaucoup avancé, mais notre travail n'est pas terminé. Nous devons continuer de tirer parti de ces efforts et d'autres du genre, et c'est précisément ce que nous aide à faire cette conférence ministérielle.

Merci.

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