Discours du président : 25e anniversaire du Programme des réseaux de centres d'excellence (RCE)

Ottawa, Ontario
23 avril 2014

Merci, André et bonjour à tous.

C'est avec grand plaisir que j'assiste à cette rencontre spéciale des RCE.

Les anniversaires sont importants. Avec le 25e anniversaire du Programme des réseaux de centres d'excellence, nous soulignons la détection précoce par les commanditaires de la recherche canadiens de l'importance d'atteindre l'excellence en recherche, de rapprocher les disciplines et de favoriser la collaboration.

Il y a 25 ans, la notion de réseaux de recherche était nouvelle et, comme pour tout ce qui pouvait être vaguement avant-gardiste, pouvait être considérée par plusieurs avec méfiance.

Ce n'est pas que la collaboration était inexistante entre les chercheurs des différentes universités, mais plutôt qu'elle n'était ni étendue ni officielle.

Comme l'indique Michael Hayden, responsable de l'un des premiers RCE, le Réseau canadien sur les maladies génériques, qui connaît un franc succès :

« Les gens se concentraient d'abord et avant tout sur leur établissement, sur leurs laboratoires. Ils réussissaient, mais pas autant qu'ils auraient pu s'ils avaient collaboré avec d'autres chercheurs à l'échelle du pays. La notion d'installations centrales au service de la nation n'existait tout simplement pas. »

Des visionnaires, comme le Dr Fraser Mustard de L'Institut canadien de recherches avancées, ont toutefois vu les possibilités d'une « université décloisonnée », des réseaux virtuels de chercheurs combinant leur expertise pour faire progresser la compréhension dans des domaines complexes.

Le Dr Mustard a également visualisé un lieu de travail commun pour relier les personnes travaillant dans un cadre universitaire et celles oeuvrant dans l'industrie.

Le partenariat avec l'industrie. Un autre concept dont les réseaux de centres d'excellence se sont faits les porte-étendards ce qui, là-encore, n'a pas été sans susciter une certaine inquiétude. Pensez : contaminer les résultats de la recherche avec des velléités de commercialisation!

Et pourtant, nombreux sont ceux qui, parmi les 45 réseaux de centres d'excellence qui ont vu le jour au cours des 25 dernières années - et je ne compte pas ici les Centres de commercialisation, les réseaux dirigés par l'entreprise et les réseaux de mobilisation des connaissances – ont lié des partenariats industriels qui se sont soldés par le développement de propriété intellectuelle commercialisable.

Depuis sa création, le Programme des RCE a assuré le financement de la recherche, de la commercialisation et de l'application des connaissances à hauteur de plus de 2 milliards de dollars. Et ces investissements ont permis de recueillir plus de 1,5 milliard de dollars de contributions de la part de l'industrie et d'autres partenaires.

En 2012-2013, les réseaux et les centres comptaient 3 098 partenaires, dont 1 512 provenaient de l'industrie.

Les réseaux et les centres ont contribué à la formation de plus de 42 000 employés hautement qualifiés au cours des 25 dernières années.

Les RCE ont également été le terrain d'essai de bon nombre de nouvelles technologies et de nouveaux traitements fort utiles. Au cours des 25 dernières années, le programme a mené à la création de 138 sociétés dérivées et, ce qui est impressionnant, de 453 jeunes entreprises.

Comme vous le savez, le Canada fait maintenant l'envie de nombreux pays, incluant en Europe – qui a largement émulé ce modèle – et aux États-Unis, pour sa capacité à réseauter son talent et à maximiser ses ressources.

Le modèle des réseaux de centres d'excellence a aussi exercé une influence indéniable sur les orientations stratégique et opérationnelle des trois Conseils. Que l'on pense à l'accent maintenant mis dans nombre de nos programmes stratégiques sur la multidisciplinarité, le réseautage et les partenariats public-privés!

Les réseaux de centres d'excellence ont aussi été les premiers à redonner ses titres de noblesse à la recherche dite appliquée, souvent vue comme moins prestigieuse que la recherche fondamentale. Ils sont devenus, au fil des ans, un instrument privilégié des Conseils en ce qui a trait à la valorisation et au transfert de connaissances. Ils sont sans doute l'un des véhicules les plus originaux de soutien à la commercialisation des résultats de recherche au Canada.

Alors que nous examinons les réalisations des RCE, il est utile de penser au futur et de nous demander de quelle façon nous pouvons améliorer le modèle. À mon avis, quelques domaines se démarquent.

Premièrement, si nous devons augmenter notre rendement des investissements, la mobilisation du secteur privé doit être renforcée, particulièrement en ce qui concerne les petites et moyennes entreprises.

Il ne fait aucun doute que nous comprenons mieux la mécanique et l'infrastructure du transfert de technologie et de la commercialisation. Cependant, je soutiens que nous n'avons pas encore absorbé totalement la dynamique sous-jacente à ce processus.

Prenons les arguments d'Adam Chowaniec, président du comité consultatif du secteur privé des RCE, qui nous a rappelé récemment, dans une chronique parue dans The Hill Times, que la nouveauté et la complexité d'une nouvelle technologie ne suffisent pas à elles seules à créer un produit viable. La valeur découle des facteurs suivants :

  • une excellente compréhension des besoins du client;
  • une compréhension réaliste des besoins du marché;
  • une évaluation réaliste de la façon dont l'innovation s'inscrit dans un environnement compétitif.

Ces facteurs ne font pas tous partie de la vision traditionnelle du monde de la recherche, mais si nous avons l'ambition de réaliser de la recherche transformatrice, nous devons nous assurer qu'ils sont pris en compte.

Deuxièmement, je crois que le succès des futurs RCE devrait se mesurer non seulement sur le plan de la commercialisation, mais, de façon plus générale, sur le plan de la valorisation. La valorisation comme dans le cas des avantages sociaux, de l'amélioration de la santé, de la hausse de la productivité et de l'augmentation du niveau de vie.

Il est clair que l'innovation est le moteur de notre développement économique et social et que les réseaux de centres d'excellence, parce qu'ils reposent sur la multidisciplinarité et la collaboration, offrent un paradigme unique de transfert de la recherche vers l'innovation.

Par conséquent, utilisons-nous suffisamment les réseaux pour favoriser l'innovation et explorer pleinement les domaines les plus prometteurs de la science?

Une façon de nous en assurer, et je parle ici à titre de président de l'un des trois Conseils, consiste à intégrer complètement les RCE au milieu des sciences et de la technologie. Nous devons aussi faire en sorte que les programmes propres aux Conseils ne fassent pas double emploi avec ce que réalisent déjà les RCE, mais qu'au contraire, ils laissent le talent y circuler et exploitent à fond leur capacité translationnelle.

En conclusion, j'aimerais féliciter et remercier tous ceux qui ont rendu possible cette extraordinaire aventure depuis 25 ans : les bailleurs de fonds qui en ont rêvé, les chercheurs qui y ont cru, les partenaires industriels qui y ont investi et, surtout, le personnel du secrétariat des RCE qui, au cours des années, a fait confiance à ce programme et en a assuré la cohésion.

Merci! Thank you.

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