Transcription de la vidéo : S'attaquer à l'intimidation homophobe dans les écoles

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Dre Joy Johnson : Les IRSC ont récemment financé une étude sur l'intimidation homophobe au secondaire, notamment au sujet des effets dévastateurs de ce problème sur les jeunes gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres.

Mme Tasha Sponagle : Le stress, l'anxiété, il s'agit là d'impacts considérables, je le sais, car j'ai vécu l'intimidation. L'école avait toujours été pour moi un endroit très sécuritaire, où j'aimais vraiment aller, où je me sentais toujours bien. Mais, tout a basculé quand j'ai commencé à fréquenter ma copine et que nous avons subi du harcèlement et de l'intimidation. Je me réveillais et j'avais des maux de coeur. Je ne voulais simplement pas aller à l'école. J'y étais constamment sur le qui-vive, toujours portée à regarder derrière moi.

Je devais aussi m'assurer de ne pas m'asseoir trop près de ma copine; je ne faisais rien qui pouvait provoquer une réaction, parce que ça signifiait que j'allais encore devoir me rendre au bureau du directeur ou de l'orienteur.

Dre Elizabeth Saewyc : Beaucoup de recherches montrent que les jeunes LGBT subissent de nombreuses inégalités en matière de santé, qu'on pense aux taux plus élevés de tentatives de suicide ou de grossesses précoces, et à la toxicomanie. On a clairement établi que ces inégalités étaient en partie liées à la discrimination, à l'homophobie et à l'intimidation à l'école, et aux abus hors de l'école.

Prof. Line Chamberland : Malheureusement, trop peu d'écoles au Canada ont un programme visant à réduire l'intimidation homophobe. À vrai dire, la majorité des écoles n'en ont pas. Au Québec, en tout cas, c'est la situation. Il y a beaucoup d'interventions qui se font, mais ce sont des interventions occasionnelles, sans qu'il y ait de programmes continus ou d'interventions soutenues en milieu scolaire.

Mme Tasha Sponagle : Il est très important de s'attaquer à l'intimidation dans les écoles, car selon moi, on a un peu fermé les yeux sur le problème. Je crois que les gens s'y sont habitués. On a commencé à le voir comme une chose normale à l'école, mais je ne pense pas qu'on devrait le percevoir comme ça. On ne devrait pas l'accepter sans rien dire.

L'école devrait être un endroit où tous les étudiants se sentent en sécurité, peuvent apprendre, et s'afficher comme ils sont.

Dre Joy Johnson : Cette étude donne trois résultats très, très importants. D'abord, elle nous aidera à comprendre les résultats cliniques des jeunes gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres, ce qui est selon moi vraiment important.

Certains de ces jeunes réussissent très bien. Ils s'épanouissent pendant que d'autres dépérissent, et nous devons comprendre les facteurs qui peuvent réellement améliorer leurs résultats cliniques.

Ensuite, l'étude fournira un inventaire des types de programmes de tout le Canada qui nous permettra de comprendre où se situent les forces et les faiblesses dans nos programmes.

Enfin, l'étude évaluera ces programmes et nous aidera à comprendre quels types de programmes et d'interventions peuvent être plus efficaces pour améliorer les relations de ces jeunes et leurs résultats cliniques.

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