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Comment répare-t-on un coeur brisé? Vite!

Les crises cardiaques sont dangereuses, mais les infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST (STEMI) peuvent s'avérer mortels en un rien de temps. À Ottawa, un vaste projet collaboratif permet de gagner du temps et de sauver des vies quand chaque minute compte.

Communiqué 2009-30 ]

Coup d'oeil

Qui - Michel Le May est cardiologue et directeur du groupe de recherche de l'Unité des soins coronaires à l'Institut de cardiologie d'Ottawa.

Question - L'infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST, ou STEMI, est une obstruction mortelle de l'artère, et si les agents thrombolytiques sont une méthode de traitement courante, l'angioplastie (gonfler l'artère à l'aide d'un ballonnet) est supérieure. Malheureusement, l'angioplastie exige une équipe d'experts sur place vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Solution - Le May a défendu l'idée de donner aux ambulanciers paramédicaux le pouvoir de diagnostiquer les STEMI. Ce pouvoir leur permet de coordonner leur action et d'amener le patient à l'Institut de cardiologie d'Ottawa, où une équipe de spécialistes de l'angioplastie est toujours sur place.

Impact - Grâce aux mesures améliorées de transfert des patients, ceux-ci sont traités en moins d'une heure et demie, ce qui réduit sensiblement les lésions et le risque de décès.

Vous êtes essoufflé et vous commencez à ressentir une douleur dans la poitrine qui irradie dans le bras et le côté. Vous faites le 911, et lorsque les ambulanciers paramédicaux arrivent et vous mettent dans l'ambulance, ils vous branchent à un électrocardiographe pour connaître rapidement votre rythme cardiaque. Ils confirment que vous faites une crise cardiaque, et ils prononcent ce drôle de mot : STEMI.

Ils vous transportent à votre hôpital local, à Ottawa, mais changent soudain de direction pour se diriger plutôt vers l'Institut de cardiologie d'Ottawa. L'ambulancier à l'arrière sort un téléphone cellulaire spécial pour annoncer votre arrivée. Utilisant une ligne expressément réservée pour les STEMI, il décrit votre cas à une personne à la réception qui alerte l'équipe d'angioplastie.

Lorsque vous arrivez à l'Institut de cardiologie, les ambulanciers se rendent directement à la salle de STEMI, où l'équipe vous attend. Après quelques minutes seulement, on vous a administré des médicaments pour stabiliser votre état et on vous a préparé à être opéré. En moins de 90 minutes, vous avez subi une angioplastie pour rouvrir et gonfler l'artère. Les dommages permanents et les risques de décès sont réduits au minimum, et vous rentrerez chez vous quelques jours plus tard.

Toute cette séquence d'actions a été conçue par le Dr Michel Le May, cardiologue et directeur du groupe de recherche de l'Unité des soins coronaires à l'Institut de cardiologie d'Ottawa.

L'infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST, ou STEMI, est une des formes les plus mortelles de crise cardiaque, où le temps d'intervention se compte en minutes. Dans les années 1980, de nouveaux médicaments thrombolytiques ont été introduits pour débloquer les artères. Toutefois, ils n'étaient pas sans effets secondaires, pouvant causer rien de moins que des saignements au cerveau.

Les médecins ont donc commencé à débloquer les artères obstruées en insérant un ballonnet, un procédé connu sous le nom d'angioplastie qui est bien plus efficace pour la santé globale. Toutefois, introduire un tube (appelé cathéter) par l'aine et l'acheminer jusqu'au coeur pour débloquer une artère exige un degré de spécialisation et d'expertise qu'il est impossible de trouver à chaque hôpital. En plus, l'intervention doit être pratiquée dans les 90 minutes.

À Ottawa, l'Institut de cardiologie est le seul établissement qui pratique des angioplasties, mais y amener les patients en STEMI prenait trop de temps. Après plusieurs études sur ce qui serait le mieux pour la santé des patients, Le May a imaginé une nouvelle façon de prendre en charge les crises cardiaques où les ambulanciers paramédicaux seraient habilités à lire les électrocardiogrammes et à décider où un patient devrait être transporté, ce que seuls les médecins de l'urgence pouvaient faire jusque-là.

Depuis juillet 2004, au moins un patient en STEMI par jour est amené directement à l'Institut de cardiologie d'Ottawa, où il reçoit des soins généralement à l'intérieur du délai prévu de 90 minutes. Grâce à la recherche de Le May, les patients risquent deux fois moins de mourir, et ils sont même capables de quitter l'hôpital plus tôt.

« C'est incroyable, il n'y a aucun retour en arrière possible », dit Le May. « En un rien de temps, une artère complètement bloquée est complètement rouverte, et le patient se sent mieux. Notre taux de mortalité continue d'être réduit de moitié, et nous avons traité plus de 1 500 patients. Nos résultats continuent de prouver qu'il s'agit de la meilleure stratégie.