Rapport annuel 2008-2009

De la recherche qui a de l'impact

[ Table des matières ]

Innovations


Innovation dans les dispositifs médicaux

FISH sur micropuce : détection plus rapide, plus économique et améliorée du cancer
Nouvelle technologie prête à commercialiser comme test en temps réel

Aperçu : La Dre Linda Pilarski et ses collègues à l'Université de l'Alberta ont mis au point une nouvelle technologie qui permet de diagnostiquer le cancer plus rapidement (en quelques heures plutôt qu'en quelques jours) et plus économiquement (au coût de dizaines plutôt que de centaines de dollars). L'équipe de la Dre Pilarski a conçu une puce microfluidique de la taille d'une lamelle de microscope qui permet de faire l'hybridation in situ en fluorescence (FISH) – technique permettant de déceler les mutations dans les chromosomes pour certains types de cancers différents – avec un appareil diagnostique de poche. À l'heure actuelle, cette technique est coûteuse et complexe, ce qui fait qu'elle est rarement utilisée en situation clinique. La micropuce de la Dre Pilarski permettra de généraliser le test en l'accélérant et en réduisant considérablement le coût.

Impact : L'utilisation de l'appareil a de fortes chances d'être généralisée en milieu clinique. La détection rapide des mutations chromosomiques permettra au médecin d'être plus en mesure d'adapter les stratégies de traitement pour cibler les cancers individuels. La technologie FISH sur micropuce pourrait être commercialisée comme test automatisé en temps réel pour la détection et la surveillance en continue du cancer et d'autres maladies.

« En révélant les chromosomes anormaux, un dispositif semblable permet d'individualiser plus facilement les traitements et de mieux les adapter en fonction de la maladie. C'est une de ces situations où les avantages pour les patients et le système de soins de santé peuvent être énormes – et à meilleur prix. »

Dre Linda Pilarski
Université de l'Alberta

Un appareil de levage prévient les blessures et aide les travailleurs à retourner au travail
Un prototype est mis à l'essai sur une chaîne de montage d'automobiles

Aperçu : Les lombalgies représentent en Amérique du Nord l'un des problèmes de santé au travail les plus coûteux et difficiles à résoudre. Les lésions des tissus mous chez les travailleurs de l'Ontario comptent pour presque les deux tiers des réclamations pour temps perdu, dont 40 % sont le résultat de lombalgies. Pour remédier à ce problème croissant, une équipe dirigée par la Dre Joan Stevenson de l'Université Queen's, à Kingston, travaille à mettre au point un appareil de levage personnel. Inventé par le Dr Mohammad Abdoli, professeur à l'Université Ryerson et ancien étudiant de doctorat au laboratoire de la Dre Stevenson, l'appareil est un « générateur de force externe ». Il se fixe aux épaules, au bassin et aux pieds, et a des éléments élastiques qui réduisent la charge pendant le levage et le penchement en avant.

Impact : Travaillant avec l'équipe de Queen's, Ove Industrial Design, de Toronto, a conçu une combinaison autonome pour le dispositif de levage qui a été mise à l'essai dans des usines de fabrication d'automobiles. L'utilisation du dispositif devrait réduire le risque de blessures chez les travailleurs qui ont constamment à se pencher et à soulever des charges. Le dispositif pourrait aussi être utile pour la réadaptation des travailleurs qui souffrent de douleurs et de blessures lombaires et les aider à retourner au travail. La prévention d'une blessure aussi courante devrait aider à réduire le temps de travail perdu et à alléger le fardeau pour le système de soins de santé.

« Ce que l'industrie veut vraiment, c'est quelque chose qui réduira le temps perdu pour cause de blessures. Ce dispositif fonctionne très bien et devrait être fort utile à une foule de gens. »

Dre Joan Stevenson
Université Queen's

Baisser le ton : bien régler les prothèses auditives pour enfants
La technologie est déjà utilisée par des fabricants de prothèses auditives

Aperçu : Chaque année, plus de 400 enfants canadiens naissent avec une déficience auditive et bon nombre ont besoin d'appareils. Dans bien des cas, les prothèses auditives classiques aident peu les enfants à entendre les sons aigus de faible intensité. Ils peuvent donc avoir plus de difficulté à comprendre des mots et à produire certains sons. Dans un projet financé conjointement par les IRSC et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, la Dre Susan Scollie, de l'Université Western Ontario, a mis à l'essai une nouvelle technologie de prothèse auditive dont le principe consiste à réduire la hauteur des sons de haute fréquence et a conçu une méthode qui permet d'optimiser cet avantage pour les jeunes enfants. Des audiologistes, des ingénieurs, des psychologues et des orthophonistes ont participé à ce projet de trois ans.

Impact : La méthode de réglage que l'équipe de la Dre Scollie a conçue et mise à l'essai dans le projet a été intégrée à une version commerciale de la prothèse auditive, et elle est maintenant disponible dans des cliniques d'audiologie partout dans le monde. Plusieurs autres centres de recherche dans le monde ont adopté la technologie commercialisée et commencent à l'utiliser en recherche.

« N'importe quelle clinique dans le monde peut maintenant acheter un appareil muni du programmateur de signaux que nous avons mis à l'essai. Le logiciel utilise la méthode de notre laboratoire pour régler les paramètres de contrôle individuels pour un enfant. Nous tirons une immense satisfaction de voir notre travail aboutir à un produit clinique. »

Dre Susan Scollie
Université Western Ontario

Innovation dans la recherche sur le vieillissement

Garder les personnes âgées sur pied et loin du bloc opératoire
Une semelle de soulier innovante rétablit le sens de l'équilibre chez les personnes âgées

Aperçu : La peur de tomber empêche souvent les personnes âgées de sortir de chez elles pour prendre l'air et faire de l'exercice. Ce n'est pas surprenant. En effet, Santé Canada estime qu'un tiers des personnes âgées au Canada tombent chaque année. La fracture de la hanche est la blessure la plus fréquente qu'ils s'infligent lorsque cela se produit. Environ 20 % des décès des suites de blessures chez les personnes âgées sont attribuables aux chutes. Pour trouver une solution à ce problème croissant dans une société vieillissante, le Dr Stephen Perry, de l'Université Wilfrid Laurier, a mis au point le Sole SensorMC, une semelle avec un rebord sur le pourtour qui améliore la perception sensorielle du pied et prévient les chutes. Le Dr Perry était étudiant au doctorat à l'Université de Toronto et soutenu financièrement par les IRSC quand il a eu l'idée de la semelle. Il l'a mise au point avec l'aide de son directeur de recherche, le Dr Brian Maki, et les Drs William McIlroy et Geoff Fernie.

Impact : Le Sole SensorMC peut grandement améliorer la qualité de vie des personnes âgées en leur permettant de marcher avec plus de confiance, de faire plus d'exercice et de rester en santé. Les économies potentielles pour le système de santé seront considérables si la semelle permet d'alléger le fardeau des salles d'urgence, des blocs opératoires et des cliniques d'orthopédie. La technologie brevetée a été cédée sous licence à la société Hart Mobility, en Ontario, qui fabrique et commercialise la semelle.

« Les personnes âgées ont peur de tomber, ce qui les empêche de sortir. Elles ne font pas d'exercice, d'où la perte de fonctionnalité. C'est une spirale de détérioration. Leur donner davantage confiance, pour qu'elles puissent sortir plus souvent, pourrait être tout ce qu'il faut pour qu'elles gagnent un peu de force. »

Dr Stephen Perry
Université Wilfrid Laurier

Innovation dans les neurosciences

Des recherches visent à soulager la douleur chronique
Une nouvelle entreprise en sciences de la vie permet à des chercheurs de commercialiser leurs découvertes

Aperçu : Entre 20 % et 30 % des Canadiens souffrent de douleur chronique – une douleur qui dure depuis plus de six mois – à un moment ou l'autre de leur vie. À l'heure actuelle, la douleur chronique est surtout traitée avec des dérivés de la morphine, dont l'efficacité est douteuse et qui ont plusieurs effets secondaires, y compris le risque de dépendance. Le Dr Yves De Koninck, de l'Université Laval, a aidé à démontrer que la douleur chronique n'est pas un symptôme, mais une maladie en soi. Son équipe a mis en évidence une dysfonction de la pompe à ions dans le système nerveux qui amplifie la transmission des signaux de douleur. À la lumière de cette découverte, il développe actuellement une nouvelle classe d'analgésiques/neurothérapeutiques qui agissent en modulant le chlorure dans le système nerveux central. Ces médicaments sont conçus pour soulager plus efficacement la douleur chronique sans les effets secondaires et les problèmes associés aux dérivés de la morphine.

Impact : Une subvention de démonstration des principes des IRSC a aidé le Dr De Koninck et ses associés de recherche à fonder Chlorion Pharma, une entreprise pharmaceutique basée au Québec qui se spécialise dans les neurothérapies. La société est dirigée par le Dr Jeffrey Coull, un ancien membre du laboratoire du Dr De Koninck, qui a mis au point un composé pour le soulagement de la douleur et qui se prépare à le soumettre à des essais cliniques.

« Ce que j'ai démontré, c'est qu'une dysfonction du système nerveux peut être la source de la douleur, non la maladie primaire. C'est très important que les gens reconnaissent que la douleur chronique est une maladie en soi, parce qu'il devient alors obligatoire de la traiter. C'est un important besoin non satisfait. »

Dr Yves De Koninck
Université Laval

Réaction fatale : lien établi entre les réponses génétiques chez les enfants maltraités et le suicide
Des Canadiens à l'avant-scène mondiale dans un important nouveau domaine de recherche

Aperçu : Les Drs Michael Meaney et Moshe Szyf, de l'Université McGill, sont des chefs
de file dans le domaine en plein essor de l'épigénétique, qui explique l'effet de l'environnement et de l'expérience sur nos gènes. Par exemple, des facteurs épigénétiques comme les profils de méthylation qui contrôlent l'expression des gènes peuvent jouer le rôle de médiateurs de communication entre l'environnement et le génome. Un projet financé par les IRSC – Environmental stressors and epigenetic effects in major depression and suicide – a permis d'examiner les profils de méthylation de gènes chez des sujets victimes de mauvais traitements au cours de leur enfance et morts par suicide. Les Drs Meaney et Szyf, en collaboration avec un collègue de McGill, le Dr Gustavo Turecki, ont constaté que les événements de la petite enfance pouvaient modifier l'état épigénétique des gènes qui médient la fonction cérébrale et contribuer à un risque de suicide accru.

Impact : L'épigénétique représente une façon tout à fait nouvelle d'étudier, de diagnostiquer et de traiter la maladie humaine. La transposition de données obtenues pour des animaux à des études sur des humains donne à penser que certains composés agiraient sur les changements épigénétiques et neutraliseraient les influences négatives de l'enfance chez les humains. Ces travaux ouvrent la voie à de nouvelles approches pharmacologiques pour les troubles mentaux difficiles à traiter. Ils pourraient aussi avoir des applications pour le traitement d'autres maladies, comme le cancer – qui est une maladie épigénétique où le profil de méthylation défectueux de l'ADN entraîne la production de tumeurs – et la maladie d'Alzheimer.

« Nous savons que le même mécanisme intervient dans nombre de maladies différentes, mais chaque maladie a sa propre histoire, que nous espérons être capables de cibler avec un médicament particulier. L'épigénétique ouvre d'immenses possibilités. »

Dr Moshe Szyf
Université McGill

Détruire la plaque et arrêter net l'Alzheimer
Autorisation accélérée d'un essai de phase II pour un médicament

Aperçu : La maladie d'Alzheimer touche 300 000 Canadiens, les privant graduellement de leur habileté cognitive et de leur mémoire avant de les faire mourir. Une personne sur trois de plus de 85 ans présente cette maladie ou une démence connexe. Des dépôts anormaux de la protéine amyloïde seraient en cause dans la pathologie de la maladie. Des fragments, appelés Abeta 42, se rompent pour former des amas toxiques qui deviennent de la plaque et interfèrent avec la capacité des cellules du cerveau de communiquer entre elles. La Dre JoAnne McLaurin, du Centre for Research in Neurodegenerative Diseases de l'Université de Toronto, a mis au point un médicament, appelé AZD-103/ELND005, qui s'accroche aux fragments Abeta 42 et aide à les purger du cerveau avant la formation de plaque.

Impact : Après que de multiples essais cliniques de phase I eurent montré que l'AZD-103/ELND005 était bien toléré par les humains, la Food and Drug Agency des États-Unis a donné le feu vert à un essai clinique de phase II de 18 mois, dont les résultats sont attendus en 2010, en vue d'accélérer l'autorisation du produit. Transition Therapeutics, une société biopharmaceutique canadienne, a conclu une entente mondiale avec Elan Corporation pour le développement conjoint et la commercialisation de l'AZD-103/ELND005. Ce nouveau traitement de l'Alzheimer, sous la forme de comprimés que pourront prendre les patients, promet d'améliorer et de sauver d'innombrables vies, sans parler de son potentiel commercial.

« Je sens toujours le besoin d'arranger ce qui cloche. La question était la suivante : à quoi ce peptide se fixe-t-il pour faire mourir le neurone? Nous avons supposé que les partenaires les plus près auxquels il pouvait se fixer étaient les lipides dans la membrane cellulaire. Nous avons donc caractérisé les lipides qu'il aimait et déterminé les caractéristiques des diverses familles auxquelles il se fixait, et nous sommes arrivés à une structure commune. Voilà ce qui nous a menés à ce médicament. »

Dre JoAnne McLaurin
Université de Toronto

Innovation dans la médecine régénératrice

Solution à base de cellules souches : un implant sous forme de gel aide l'organisme à réparer les genoux usés
Une nouvelle technologie est commercialisée par une société de biotechnologie de Montréal

Aperçu : Les remplacements du genou représentent une importante dépense en matière de soins de santé, et l'attente pour subir cette chirurgie peut durer des années. La Dre Caroline Hoemann, à l'École Polytechnique de Montréal, et ses collègues les Drs Georges-Étienne Rivard à l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal et Hani El-Gabalawy à l'Université du Manitoba, ont trouvé des méthodes ingénieuses pour stimuler la réponse de guérison des blessures à des implants en gel biodégradable qui contiennent un polymère appelé chitosane. L'implant amène l'articulation du genou à se réparer elle-même en faisant migrer des cellules souches vers la zone lésée, où elles peuvent se transformer ensuite en cellules cartilagineuses saines.

Impact : Parce que l'injection et la solidification de l'implant dans le genou ne demandent qu'une chirurgie d'un jour simple, le gel pourrait faire épargner des millions de dollars en soins de santé, tout en permettant aux personnes qui le reçoivent de demeurer physiquement actives jusqu'à un âge avancé. Le traitement avait été codéveloppé précédemment par la Dre Hoemann dans le cadre d'autres collaborations auxquelles participait BioSyntech, une société de dispositifs médicaux du Québec. Des essais clinques ont déjà été autorisés, et l'implant fait présentement l'objet d'essais randomisés multicentres à la grandeur du Canada et en Europe. BioSyntech commercialise l'implant BST-CarGel® en tant que plate-forme technologique pour réparer le cartilage et éviter la chirurgie invasive.

« Ce que nous essayons de faire, c'est de trouver de nouvelles façons d'améliorer la réponse vasculaire dans l'os au-dessous de la lésion du cartilage afin de pouvoir traiter des patients plus âgés et d'offrir plus d'options de traitement aux sexagénaires et aux septuagénaires. »

Dre Caroline Hoemann
École Polytechnique de Montréal

Innovation dans la recherche pour la salubrité de l'eau

Salubrité de l'eau : remonter à la source des contaminants de l'eau pour protéger la santé
Nombre de localités de la Colombie-Britannique utilisent un nouvel outil d'évaluation

Aperçu : L'eau est essentielle à la prospérité économique du Canada. Une eau potable qui ne présente pas de dangers est essentielle à la santé de sa population. Les décès et les épidémies de maladie où la contamination de l'eau était en cause ces dernières années ont grandement avivé les préoccupations des Canadiens. Le Dr Asit Mazumder, titulaire d'une chaire de recherche industrielle du CRSNG à l'Université de Victoria, a dirigé une étude collaborative de quatre ans, financée par les IRSC, pour remonter aux sources de la contamination par des bactéries coliformes de plusieurs bassins hydrologiques dans la vallée de l'Okanagan et sur l'île de Vancouver (Colombie-Britannique). Pour assurer le transfert des connaissances, l'équipe de recherche du Dr Mazumder s'est associée directement avec des ministères fédéraux et provinciaux, des membres de l'industrie du bétail et des municipalités.

Impact : L'étude a permis au laboratoire du Dr Mazumder de mettre au point un outil d'évaluation des risques unique pour mesurer les risques potentiels pour la santé que représente la contamination fécale (des humains, des animaux d'élevage et sauvages) de l'eau de source et, conséquemment, des approvisionnements en eau potable. L'approche suivie combine l'utilisation de marqueurs moléculaires (ADN) et de marqueurs biochimiques et géochimiques des origines de la contamination par des matières fécales et des eaux usées. En coopération avec le laboratoire du Dr Mazumder, l'outil est maintenant utilisé à Victoria, à Kamloops, à Vernon, à Prince Rupert et à Kelowna. Le laboratoire travaille aussi avec des partenaires fédéraux et communautaires pour caractériser et modéliser la salubrité des eaux souterraines dans les communautés de Premières Nations partout au Canada.

« À chaque nouveau projet, je pose au départ la question : « Qui seront les utilisateurs? ». C'est la base. Tout ce qui compte, c'est de transférer les résultats de travail aux utilisateurs finals. »

Dr Asit Mazumder
Université de Victoria

Innovation dans les technologies de l'information et des communications

MOXXI : une prescription pour le cabinet de médecin de l'avenir
Une nouvelle technologie signale la fin des cocktails de médicaments toxiques

Aperçu : Une chercheuse de l'Université McGill, la Dre Robyn Tamblyn, a mis au point un système informatisé unique de gestion des médicaments et en met à l'essai la dernière mouture auprès de médecins et de pharmaciens à Québec et à Montréal. Le projet MOXXI (Medical Office of the 21st Century ou cabinet médical du XXIe siècle) aide les médecins à visualiser les dossiers de médication et d'hospitalisation d'un patient, à prescrire électroniquement un nouveau médicament ou à mettre fin à une médication antérieure. Le médecin peut vérifier les interactions médicamenteuses potentiellement dangereuses ou les allergies avant de décider du traitement qu'il utilisera pour un patient. Ce travail représente un important progrès dans la technologie de l'information et des communications appliquée aux soins de santé.

Impact : Le MOXXI mettra à la disposition des médecins des informations difficiles à obtenir autrement, qui permettront une meilleure prise en charge de leurs patients. L'informatisation réduira les erreurs de médication et le nombre de réactions indésirables à des médicaments. Elle permettra aussi aux patients d'être davantage maîtres de l'information médicale les concernant et de leur traitement, car ils pourront avoir accès à leurs dossiers médicaux, demander le renouvellement de leurs prescriptions, prendre des rendez-vous et consulter leur médecin en ligne par des portails électroniques. Avec l'aide financière des IRSC, la Dre Tamblyn et ses collègues ont également créé une nouvelle version pour le Web qui permet un accès mieux protégé par les patients et les médecins, peu importe où ils se trouvent. Le MOXXI NG (Next Generation) a été lancé en 2008 et 60 000 patients participent à sa mise à l'essai.

« Nous avons commencé à pénétrer dans les salles d'urgence. Nous y renseignons les gens sur les médicaments que prennent les patients. Cela permet de gagner beaucoup de temps, et résout le problème de ne pas savoir ce qu'ils prennent et de ne pas prescrire ce qu'il faut, en particulier au moment de l'admission. »

Dre Robyn Tamblyn
Université McGill

Innovation dans la recherche en Arctique

Alimentation traditionnelle : faire revivre la culture alimentaire des populations du Nord
Une étude aide à lancer un projet communautaire de promotion de la santé

Aperçu : Les peuples autochtones du Canada font face à des problèmes uniques sur le plan de la santé et de la nutrition. C'est particulièrement le cas dans le Grand Nord, où les aliments, provenant de la chasse et de la pêche ou obtenus sur place, ont été remplacés par des denrées alimentaires riches en gras et en sucre, expédiées du Sud. En réponse à une demande de la collectivité Tetlit Gwich'in, de Fort McPherson (Territoires du Nord-Ouest), pour obtenir de l'aide en vue de résoudre des problèmes liés aux habitudes alimentaires changeantes et au fardeau croissant de maladies chroniques, la Dre Harriet Kuhnlein, de l'Université McGill, a entrepris une étude de deux ans, financée par les IRSC, afin de soutenir l'élaboration d'une politique visant à protéger les ressources alimentaires traditionnelles pour leurs propriétés favorables à la santé, et à améliorer les pratiques d'achat dans les magasins d'alimentation. Sur une plus grande échelle, la Dre Grace Egeland, chercheuse de McGill financée par les IRSC et responsable de l'Année polaire internationale et de l'Étude sur la santé des Inuits, s'attaque également à ce défi.

Impact : L'étude de la Dre Kuhnlein a conduit au lancement d'un projet communautaire de promotion de la santé, d'une durée de 18 mois, axé sur la disponibilité et l'accessibilité d'aliments traditionnels de la collectivité gwich'in et d'aliments du commerce de bonne qualité. Elle a inspiré la publication d'un livre rédigé par la communauté sur les aliments gwich'in et la santé, et conduit à la production d'un vidéo documentaire, financé par des sources indépendantes, sur les préoccupations des Tetlit Gwich'in pour leurs aliments traditionnels et leurs efforts afin d'améliorer la nutrition et de prévenir les maladies chroniques à Fort McPherson.

« Les gens dans la communauté sont plus sensibilisés à l'importance d'une saine alimentation pour la santé. Un changement positif a le plus de chances de se produire quand des dirigeants de la communauté sont aux commandes. »

Dre Harriet Kuhnlein
Université McGill

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