Mise en application des connaissances sur la santé publique et des populations

Santé des femmes


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Cas :

Healthy Balance Research Program : application des connaissances à la situation des femmes soignantes non rémunérées


Carol Amaratunga, titulaire de la Ontario Women's Health Council Chair, Université d'Ottawa
Brigitte Neumann, Conseil consultatif sur la condition féminine de la Nouvelle-Écosse
Barbara Clow, Atlantic Centre of Excellence on Women's Health, Université Dalhousie

Abordant la production et l'application de connaissances (AC) comme un processus continu, le Healthy Balance Research Program (programme de recherche sur l'équilibre - HBRP) réunit des chercheurs, des décideurs, des professionnels de la santé et des membres de la collectivité afin de brosser un tableau détaillé du travail non rémunéré et généralement invisible des dispensatrices de soins en Nouvelle-Écosse. Le programme HBRP a tissé un vaste réseau de ressources communautaires par l'entremise de groupes de référence représentant les groupes de femmes marginalisées. Ces derniers donnent une perspective sociale au processus de recherche et assurent la surveillance des activités liées à l'AC et à la mise en oeuvre des politiques. La réussite des activités d'AC a donné lieu à la mise en oeuvre à l'échelle nationale des conclusions de la recherche menée dans le cadre du programme HBRP.

Contexte


Les femmes ont toujours été les protectrices de la santé publique et les dispensatrices de soins pour leurs proches dans le besoin. Les décideurs et les professionnels de la santé reconnaissent d'emblée que ce sont en général les femmes qui dispensent les soins. Toutefois, l'ampleur de ce travail, ses répercussions sur l'économie et la santé, de même que la politique et les programmes qui apporteraient un appui à celles qui dispensent des soins ne sont pas bien définis ou compris. Cela est particulièrement vrai dans le cas des femmes qui sont marginalisées en fonction de la race, de l'origine ethnique, du statut d'autochtone ou d'une invalidité. Devant la préoccupation croissante des décideurs face à la dénatalité d'un côté et au vieillissement de la population de l'autre, on reconnaît de plus en plus que le soutien accordé aux femmes et aux familles doit être plus efficace.

Le programme de recherche sur l'équilibre (programme HBRP)* a pour but de brosser un tableau détaillé du travail non rémunéré et généralement invisible des dispensatrices de soins au sein des familles de la Nouvelle-Écosse. Il réunit plus de vingt-cinq chercheurs, décideurs, professionnels de la santé, spécialistes des communications et membres de la collectivité afin de fournir des renseignements utiles aux dispensatrices de soins et à leurs communautés ainsi qu'aux intervenants dans les domaines des soins de santé et de la politique publique. Le programme vise en particulier l'inclusion et la participation des femmes dont les préoccupations ne sont pas souvent prises en compte.

Le programme HBRP est financé et administré dans le cadre du Programme des alliances communautaires pour la recherche en santé des IRSC, par l'intermédiaire du Atlantic Centre of Excellence for Women's Health, Université Dalhousie, mais ses bureaux se trouvent dans les locaux du Conseil consultatif sur la condition féminine de la Nouvelle-Écosse, organisme du gouvernement provincial. Le Conseil consultatif, dont le mandat est prescrit par la loi, conseille les gouvernements et transmet les préoccupations des femmes; il encadre l'élaboration de politiques et la recherche, la diffusion d'information et l'éducation communautaire, la liaison avec les communautés et le rayonnement en région rurale. Ses objectifs stratégiques sont axés sur l'inclusion sociale, l'égalité économique et l'amélioration de la santé des femmes. Le troisième partenaire du programme est le Centre de recherche sur la santé des femmes rattaché à l'Institut de recherche sur la santé des populations de l'Université d'Ottawa.

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L'initiative d'AC


Le programme HBRP conçoit la production et l'application de connaissances comme un processus continu. Une grande partie de la recherche en sciences sociales, en particulier lorsqu'elle est ancrée dans des principes de recherche-action, porte sur la nécessité d'inclure les intéressés dans le processus de recherche, depuis la formulation de la question de départ, l'élaboration d'une mise en oeuvre opportune, efficace et conforme à l'éthique et, enfin, jusqu'à l'utilisation des conclusions sur les plans politique, communautaire et de l'élaboration de politiques.

Le programme HBRP a vu le jour sous la forme d'un partenariat entre une chercheuse principale du milieu universitaire (Carol Amaratunga), en poste au Atlantic Centre of Excellence for Women's Health, et une chercheuse principale du milieu communautaire (Brigitte Neumann) attachée au Conseil consultatif sur la condition féminine de la Nouvelle-Écosse. Lorsque Carol Amaratunga s'est installée à l'Université d'Ottawa, le partenariat de recherche est devenu un triumvirat réunissant trois codirectrices (Barbara Clow, directrice du centre d'excellence, est alors devenue la troisième chercheuse principale).

Les directrices se partagent la responsabilité et la gestion de la politique liée au projet global. Nous réunissons des particuliers et des organismes qui s'intéressent à la recherche sur la prestation de soins, qui y voient un enjeu politique et qui considèrent le projet comme un réseau interactif de participants se partageant la propriété. Le programme HBRP compte des équipes qui s'intéressent à la recherche qualitative, à la recherche quantitative, à l'analyse de données secondaires et à la description ethnographique des ménages.

Les membres des groupes de référence font des critiques utiles, soulignant les faiblesses des données secondaires qui traduisent mal le degré d'habileté et la situation réelle des dispensatrices de soins provenant de milieux culturels différents.

Afin d'aborder les questions d'inégalité et de marginalisation décuplées, nous avons également quatre groupes de référence en matière d'égalité : les femmes d'origine africaine, les femmes atteintes d'invalidité, les femmes autochtones et les femmes immigrantes. Les membres de l'équipe de recherche ont rencontré les groupes de référence pour leur présenter les conclusions et intégrer leurs commentaires aux travaux de recherche. Les membres des groupes de référence ont contribué à formuler les questions de recherche, à recruter des participantes aux fins de la recherche qualitative et à interpréter les conclusions de la recherche. Elles font des critiques utiles, soulignant les faiblesses des données secondaires qui traduisent mal le degré d'habileté et la situation réelle des dispensatrices de soins provenant de milieux culturels différents. Elles jouent également un rôle important lorsqu'il s'agit de diffuser les conclusions de la recherche dans leurs communautés, lesquelles sont ensuite en mesure d'attirer l'attention des médias, des élus et des responsables de l'élaboration des politiques et programmes sur les enjeux et les solutions potentielles.

Nous avons utilisé trois stratégies pour communiquer les conclusions de notre recherche aux communautés intéressées. Dans un premier temps, nous avons présenté nos conclusions et les orientations recommandées aux médias au moyen de conférences de presse et de communiqués. Nous avons également organisé des rencontres avec des décideurs et des groupes de réflexion pour examiner les résultats de la recherche et en analyser l'incidence sur les politiques en place et l'intervention. Ces derniers ont, à leur tour, présenté les rapports, feuillets d'information et résultats de recherche du programme HBRP aux membres de leurs réseaux et groupes communautaires respectifs. Nous avons enfin organisé des journées de réflexion semestrielles et annuelles, des séances de discussion et des rencontres avec les chefs de nos quatre groupes de référence. Par l'intermédiaire de ses membres désignés et de ses employés, le Conseil consultatif livre également les conclusions des recherches à des groupes comme l'African United Baptist Association Women's Institute, la Nova Scotia Native Women's Association, la Nova Scotia League for Equal Opportunities et la Human Resources Association of Nova Scotia.

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Résultats de l'expérience d'AC


À ce jour, les résultats de la recherche démontrent que les mesures disponibles doivent être revues entièrement, de façon à ce que tous les Canadiens, hommes et femmes, obtiennent un juste soutien dans leur rôle de soignant. Tant en milieu urbain qu'en région rurale, les fournisseurs de soins connaissent les écueils de l'épuisement, de l'isolement et de la difficulté de transiger avec les bureaucrates. Les attentes à l'endroit des femmes de nos groupes de référence sont peut-être plus élevées que celles auxquelles font face les femmes dans la société en général. Des mesures concrètes et efficaces doivent être adoptées au niveau des organisations et des professionnels de la santé, à l'égard des pratiques d'embauche et au chapitre des politiques fiscales, afin de transmettre une plus grande reconnaissance et un meilleur soutien pour les personnes soignantes et de démontrer une compréhension plus juste des aspects relationnels et réciproques de la prestation de soins.

Le financement du programme HBRP prendra fin en mars 2006. Nos quatre projets de recherche qualitative et quantitative arrivant à terme, nous saurons tabler sur notre travail préliminaire pour rédiger des énoncés de politique à l'intention des représentants provinciaux et fédéraux. Par exemple, les travaux relatifs à la politique fiscale touchant les fournisseurs de soins ont été présentés aux ministres responsables de la condition féminine lors du forum annuel de 2004. De plus, nous avons codirigé un atelier national où chercheurs et décideurs ont examiné différents modèles de rémunération des personnes soignantes. Cet atelier servira à son tour de tremplin à une table ronde nationale qui réunira les membres du programme HBRP et les Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques (RCRPP), où l'on se penchera sur la structure de la politique canadienne en matière de santé et de servi-ces sociaux par rapport à la prestation de soins non rémunérée. Cet événement réunira des chercheurs et des décideurs du gouvernement, de la communauté et des secteurs clinique et universitaire; on y fera la synthèse des données et des conclusions du programme HBRP et d'un autre projet financé par le gouvernement fédéral sur la marginalisation des adultes à charge.

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Enseignements tirés


La couverture des résultats de recherche par les médias sensibilise le grand public et attire l'attention d'autres groupes cibles.

La couverture des résultats de recherche par les médias sensibilise le grand public et attire l'attention d'autres groupes cibles, entre autres des associations professionnelles, des organismes communautaires, les personnes touchées et les militants sur la scène politique. Notre expérience a été des plus positives en ce qui a trait à la communication de nos résultats de recherche qui confirment que la somme de travail rémunéré et non rémunéré effectuée par les femmes est très élevée et, en certaines situations de soin, plutôt stressante; ces résultats ont été livrés au niveau local devant des salles pleines et mises en application à l'échelle nationale. Cependant, si une bonne couverture médiatique est souhaitable pour porter un enjeu sur la place publique, d'autres démarches doivent suivre.

Les groupes de référence en matière d'égalité constituent probablement le plus important mécanisme d'application des connaissances du programme HBRP. Ils nous ont donné de précieux conseils au fil du projet, depuis la conceptualisation des groupes de discussion qualitative et la conception d'une enquête quantitative et de portraits ethnographiques des ménages jusqu'au forum national sur la formulation de politiques des RCRPP. Les femmes des groupes de référence ont joué un rôle prépondérant lorsqu'il a fallu aider les membres de l'équipe de recherche à établir des liens au sein des communautés, en particulier au chapitre du recrutement de ménages et de particuliers pour participer à la recherche et aux rencontres communautaires. Elles ont de plus donné une importante rétroaction à l'équipe de recherche sur la question de la « responsabilité » et aidé à ce que la recherche demeure adaptée à leur réalité culturelle.

Les femmes des groupes de référence ont joué un rôle prépondérant lorsqu'il a fallu aider les membres de l'équipe de recherche à établir des liens au sein des communautés.

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Conclusions et répercussions


Au chapitre de l'AC, diverses aptitudes sont requises pour communiquer aux collectivités, aux professionnels et aux responsables de l'élaboration des politiques les résultats de la recherche sur la situation des personnes soignantes. Au nombre des éléments essentiels : un bon soutien médiatique, une volonté de collaboration interculturelle et intersectorielle, une capacité de mettre en présence les groupes communautaires concernés et les responsables des politiques, un talent pour le réseautage et la coordination, et une volonté d'explorer hors des sentiers battus.

Il faut se rappeler que ce mode d'AC ne trouvera pas forcément sa récompense à l'intérieur du cadre universitaire; on conseillera assurément aux jeunes universitaires de rédiger des articles destinés à paraître dans des publications prestigieuses plutôt que de consacrer de rares moments à analyser l'incidence des conclusions de la recherche avec un groupe de femmes de milieu rural. Mais l'avantage d'oeuvrer au sein d'un partenariat tient au fait qu'à la périphérie du mandat d'un organisme se trouve l'essentiel du mandat d'un autre groupe, ce qui signifie que du temps et des ressources peuvent être consacrés à de précieuses activités d'AC.


* On peut obtenir de plus amples renseignements et des publications sur leur site Web.

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Rapport de surveillance de la santé des femmes : de la recherche à la formulation de politiques


Marie DesMeules, Agence de santé publique du Canada
Claudia Lagacé, Agence de santé publique du Canada
Donna Stewart, Université de Toronto et University Health Network
Arminée Kazanjian, Université de la Colombie-Britannique
Heather MacLean, Centre de recherche sur la santé des femmes
Bilkis Vissandjée, Université de Montréal

Le Rapport de surveillance de la santé des femmes, initiative multisectorielle, a grandement contribué à la compréhension des écarts liés au sexe en rapport avec des aspects importants de la santé des femmes. Ce rapport constitue un exemple éloquent d'application des connaissances (AC), car il repose sur un examen systématique pluridisciplinaire de la recherche existante, l'élaboration de recommandations en vue d'améliorer les activités de surveillance de la santé, la formulation de politiques axées sur les priorités en matière de santé des femmes et le recours à une panoplie de stratégies de diffusion pour joindre différents groupes cibles. Beaucoup de conclusions et de recommandations du rapport ont été mises en application par les professionnels, les décideurs, les chercheurs et le grand public.

Contexte


En 1999, le rapport final du Comité consultatif sur la surveillance de la santé des femmes insistait sur la nécessité d'effectuer une analyse approfondie du sexe comme facteur déterminant de la santé au chapitre de la surveillance de la santé à l'échelle nationale1. Tablant sur cet ouvrage, le Rapport de surveillance de la santé des femmes : Une vue multidirectionnelle sur la santé des femmes canadiennes a grandement contribué à la compréhension des écarts liés au sexe en rapport avec d'importants aspects de la santé des femmes, notamment les déterminants de la santé, l'état de santé physique et psychologique et l'utilisation des services de santé.

Le rapport visait à déterminer la mesure dans laquelle on peut utiliser les données existantes pour se faire une meilleure idée de la santé des femmes en lien avec leurs rôles et responsabilités sociaux et culturels. On souhaitait également produire des données pertinentes sur la santé des femmes à l'intention des professionnels de la santé, des décideurs, des responsables de la santé publique, des organismes non gouvernementaux, des groupes d'intérêt et des chercheurs, ainsi que diffuser ces renseignements au grand public. Nous sommes parties des conclusions tirées de vastes enquêtes nationales et de bases de données sur la santé pour étudier les écarts liés au sexe dans les facteurs déterminants de la santé, les comportements en matière de santé et les résultats sur la santé. Plus de 30 chapitres traitent d'enjeux de tous genres, dont l'espérance de vie et de santé, l'invalidité, les maladies chroniques, la santé génésique et sexuelle, et les comportements en matière de santé. À plus long terme, l'initiative vise à évaluer l'utilisation réelle du rapport aux fins de la prise de décision et ainsi que dans l'élaboration de programmes et de politiques, et elle servira de fondement à un meilleur système de surveillance de la santé des femmes au Canada.

Le projet est le fruit d'une collaboration entre l'Initiative sur la santé de la population canadienne (ISPC), Santé Canada, les IRSC, Statistique Canada, Condition féminine Canada, les Centres d'excellence pour la santé des femmes, des départements universitaires, ainsi que des professionnels et des spécialistes de la santé des femmes de tout le Canada. Des collaborateurs étrangers ont également participé à l'élaboration et à l'examen du rapport. Le financement a été assuré par l'ISPC et Santé Canada.

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L'initiative d'AC


Afin que les conclusions du Rapport de surveillance aient une incidence sur les politiques et les pratiques liées à la santé des femmes, il fallait s'assurer la participation du plus grand nombre possible d'intéressés, tant pendant la recherche qu'après la mise au point définitive du rapport.

Un comité directeur de 14 membres, formé de partenaires du projet et de spécialistes de différents secteurs liés à la santé féminine, a vu le jour pendant la première année du financement. On a tenu une réunion de consultation afin de déterminer les thèmes qu'aborderait le rapport et de choisir les spécialistes de la santé féminine qui seraient chargés de mener l'enquête et de rédiger les chapitres. Dans l'ensemble, les auteurs proviennent des milieux universitaire, gouvernemental, non gouvernemental et clinique de différentes régions du Canada. Chacun des chapitres a été systématiquement revu par des pairs, et trois évaluateurs externes ont évalué l'ensemble du document pour en analyser l'approche globale, le contenu et les principaux messages.

En octobre 2002, alors que nous disposions d'ébauches et de résultats fondés sur des données préliminaires/d'essai pour la plupart des chapitres, nous avons organisé un atelier de consultation externe réunissant près de quarante intervenants et spécialistes de la santé féminine afin de connaître leurs points de vue sur la démarche à suivre pour préparer le Rapport de surveillance et obtenir leurs suggestions quant au meilleur moyen de le diffuser et de le faire connaître. Les participants, entre autres des professionnels de la médecine et de la santé publique spécialisés en santé féminine, des organismes non gouvernementaux, des décideurs et d'autres intéressés, ont formulé de nombreuses recommandations utiles, dont plusieurs ont servi à la mise au point définitive et à la diffusion du rapport.

Nos communiqués de presse présentant les grandes lignes du rapport figuraient parmi les dix fichiers les plus consultés le jour de la parution.

Le Rapport de surveillance a été terminé et publié en 2003. Notre vaste stratégie de diffusion incluait la distribution d'un grand nombre d'exemplaires gratuits par l'entremise d'organismes nationaux et internationaux, une publication par BioMed Central2, maison d'édition spécialisée dans la recherche scientifique qui compte un vaste lectorat dans Internet, l'affichage du rapport complet sur les sites Web de l'Agence de santé publique du Canada, de Santé Canada et de l'Institut canadien d'information sur la santé, en plus de l'installation de liens sur les sites Web des autres organismes associés au projet, et une vaste couverture médiatique incluant la publication des principales conclusions du rapport dans Châtelaine, magazine féminin de tirage national. Nos communiqués de presse présentant les grandes lignes du rapport figuraient parmi les dix fichiers les plus consultés le jour de la parution. Nos collaborateurs ont également pris part à la diffusion du rapport en distribuant des exemplaires à leur lieu de travail (p. ex., centres de santé pour femmes) et par l'intermédiaire d'organismes professionnels.

L'une des prochaines étapes pour poursuivre la mise en place d'un système national de surveillance de la santé des femmes consiste à déterminer si le rapport est un outil pratique et utile pour l'élaboration de programmes et de politiques sur la santé des femmes. Les recommandations sont-elles jugées valables et mènent-elles à la prise de mesures? Après l'étape de la diffusion, nous avons donné aux principaux intervenants le temps d'évaluer comment intégrer les recommandations du Rapport de surveillance à leurs plans et activités. Nous en sommes à planifier un sondage auprès des intervenants. Nous souhaitons également définir des normes en vue d'évaluer si la mise en oeuvre des recommandations a entraîné les résultats voulus.

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Résultats de l'expérience d'AC


Dans le cadre du Rapport de surveillance, nous avons présenté des renseignements tirés de plusieurs bases de données nationales servant aux fins d'administration et d'enquêtes afin de cerner de plus près les écarts liés au sexe en rapport avec les aspects importants de la santé des femmes. Par exemple, un examen du rapport entre les facteurs socioéconomiques, les rôles multiples de la femme et la santé mentale a révélé que, indépendamment de leur situation professionnelle, les mères seules sont plus exposées à la pauvreté, aux difficultés financières et à l'insécurité alimentaire que les mères qui vivent en couple.

Les questions liées à la santé abordées dans le Rapport de surveillance reflètent les recommandations qui ont été formulées en 1998 par le Comité consultatif sur la surveillance de la santé des femmes. Bien que nous ayons reconnu que les forces politiques, sociales et économiques comptent parmi les plus importants déterminants de la santé, il nous a été impossible de procéder à une analyse approfondie de ces facteurs sociaux par comparaison des sexes. Pour cela, il faudrait rassembler des données de vastes études de suivi conçues pour mesurer plus précisément les facteurs socio-économiques ayant une incidence sur la santé des femmes, lesquelles sont rares au Canada. Dans les ateliers de consultation externes, les participants ont souligné que le rapport était surtout axé sur la maladie et ont proposé de le compléter en s'intéressant davantage aux enjeux propres à la situation et à la vie des femmes.

Les conclusions du Rapport de surveillance ont depuis été diffusées à un très large public. Les groupes et orga-nismes féminins du Canada s'appuient sur ces informations pour poursuivre leurs revendications (p. ex., initiatives sur les femmes et la violence); ceux qui s'occupent de recherche connaissent mieux les lacunes qu'il reste à combler et les décideurs sont davantage en mesure de formuler des politiques qui répondent aux besoins cernés. La publication du rapport a entraîné le déploiement d'efforts semblables auprès des femmes autochtones et des femmes dans les forces armées du Canada, et la Fédération des femmes médecins du Canada s'en est inspirée pour structurer l'ordre du jour scientifique de ses deux dernières assemblées annuelles.

L'Honorable Carolyn Bennett, ministre d'État à la Santé publique, a parlé du Rapport de surveillance en affirmant qu'il s'agissait de l'une des importantes mesures mises en place par le Canada pour l'égalité des femmes dans le domaine de la santé.

Peu après la publication du rapport, le premier ministre de l'Alberta a annoncé l'élaboration d'une stratégie pour s'attaquer au problème de la violence faite aux femmes. Plus récemment, dans un discours célébrant la Semaine internationale de la femme en 2005, l'Honorable Carolyn Bennett, ministre d'État à la Santé publique, a parlé du Rapport de surveillance en affirmant qu'il s'agissait de l'une des importantes mesures mises en place par le Canada pour l'égalité des femmes dans le domaine de la santé.

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Enseignements tirés


Les données interdisciplinaires ayant servi à la préparation du Rapport de surveillance sont essentielles au cycle d'élaboration de politiques d'un système durable de surveillance de la santé des femmes. La consultation externe nous a fourni plusieurs bonnes idées sur le contenu, la diffusion et l'utilisation du rapport. Quelques-unes ont été retenues alors que d'autres ont été notées en prévision de futurs rapports. Par exemple, on nous a suggéré de mener une recherche sur différents enjeux liés à la santé des femmes, mais nous ne possédions pas toujours de données fiables pour aborder ces sujets. On nous a également dit qu'il aurait fallu, dès l'amorce du processus de recherche, établir un meilleur consensus autour d'un cadre conceptuel afin d'orienter le choix des thèmes traités dans le rapport.

Alors que les processus de collaboration et de consultation qui ont servi à la préparation du Rapport de surveillance se sont révélés d'une très grande valeur, il a parfois été difficile de concilier une approche quantitative/statistique —c.-à-d. procéder à l'analyse des données disponibles et chercher à formuler des recommandations en s'appuyant sur une preuve d'efficacité — avec les disciplines et l'expertise que l'on trouve plus souvent dans la recherche sur le genre et la santé, comme en sciences sociales. Rétrospectivement, d'autres mesures auraient pu être prises afin de préparer les auteures, par exemple leur offrir de courtes séances de formation sur les méthodes de rédaction appropriées et leur distribuer un « chapitre modèle ».

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Conclusions et répercussions


Le Rapport de surveillance a présenté ce que l'on sait et, ce qui importe davantage, ce que l'on ignore sur de nombreux aspects de la santé des femmes, ainsi que des recommandations pour l'avenir. Nous imaginons un cycle continu de connaissances transposées en politiques à l'intérieur duquel les données issues de la recherche et de la surveillance orientent l'élaboration de politiques en santé. Dans la foulée des nouvelles politiques et de leurs retombées, les décideurs seront en mesure de cerner de nouvelles sphères où une surveillance et/ou une analyse serait souhaitable.

Les recommandations formulées dans le rapport en vue d'améliorer la surveillance de la santé des femmes et de formuler des politiques serviront à la production d'autres rapports; les réseaux de collaboration entre chercheurs, professionnels et décideurs poursuivront leurs activités et seront élargis aux fins de l'évaluation et de la planification des activités futures; on tentera de conclure une entente portant sur différentes démarches conceptuelles visant à guider dorénavant le choix et l'étude des enjeux rattachés à la santé des femmes; enfin, on développera un ensemble d'indicateurs de la santé qui sont propres aux femmes dans le but de surveiller les progrès et de rendre compte de l'amélioration de la santé des femmes au Canada.


Références

1. Comité consultatif sur la surveillance de la santé des femmes. 1999. La surveillance de la santé des femmes : Un plan d'action pour Santé Canada. Ottawa (Ontario), Travaux publics et Services gouvernementaux Canada.
2. DesMeules, M., D. Stewart, A. Kazanjian, H. McLean, J. Payne et B. Vissandjée. 2004. Rapport de surveillance de la santé des femmes : Une vue multidirectionnelle sur la santé des femmes canadiennes. BMC Women's Health 4 (Suppl. 1): s1-s36.

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Projet sur la mondialisation, la santé, les femmes et les hommes


Heather MacLean, Centre de recherche sur la santé des femmes
Suzanne Sicchia, Centre de recherche sur la santé des femmes
Miriam Stewart, directrice scientifique, Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC
Elizabeth McGregor, ancienne directrice adjointe, Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC
Gloria Bonder, chaire UNESCO sur les femmes, la science et la technologie en Amérique latine
Zo Randriamaro, expert-conseil

Le Globalization, Gender and Health Project (projet GGH), importante initiative en matière de recherche concertée internationale, visait à cerner divers enjeux touchant simultanément à la mondialisation, à la santé, aux femmes et aux hommes, en vue de définir les priorités des prochains programmes de formation et de recherche. L'équipe a tiré d'importantes leçons de ces partenariats internationaux. Forger des liens de confiance entre des participants provenant des nations développées et du monde en développement n'a pas été sans difficultés, pas plus qu'il n'a été facile de dégager un consensus sur les enjeux prioritaires. La récompense est venue sous la forme de réseaux du savoir durables qui continuent de soutenir le programme de recherche original.

Contexte


En 2002, dans le cadre d'une initiative plus vaste, l'Institut de la santé des femmes et des hommes (ISFH) des IRSC a convié le Centre de recherche sur la santé des femmes à l'Université de Toronto afin de préparer un document de travail sur des enjeux touchant simultanément à la mondialisation, à la santé, aux femmes et aux hommes. Les principaux objectifs liés à l'élaboration du document — Globalization, Gender and Health Project — étaient d'inviter des décideurs, des universitaires et des activistes provenant des pays en développement et des nations développées à définir les grands enjeux, en vue d'établir un programme de recherche et de formation sur la santé des femmes et des hommes à l'échelle internationale et de déceler des occasions de recherche et de partenariat.

Le projet a rassemblé de nombreux partenaires, notamment les National Institutes of Health, la Coalition cana-dienne pour la recherche en santé mondiale, l'Université Harvard, l'Université Yale, l'Université McMaster, l'Université de Toronto, l'UNESCO, le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) et la Banque mondiale. Le projet incluait notamment un important volet de consultations avec des collaborateurs des pays en développement. L'intégration à grande échelle de l'expertise des intervenants internationaux a rendu ce projet unique et donné d'importantes leçons sur le travail collectif à l'intérieur de partenariats internationaux, comme elle a permis de construire des structures à cette fin. Il s'agit là de deux concepts essentiels en matière d'application des connaissances (AC) en santé mondiale.

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L'initiative d'AC


Nous avons impliqué les intervenants en jumelant les groupes de discussion et les rencontres avec les forums internationaux existants.

Notre recherche a commencé par une étude documentaire de questions d'intérêt et la rédaction de quelques documents de discussion préliminaires sur des enjeux possibles. À ces ébauches s'est ajouté un appel international d'études de cas sur ces sujets, à la suite de quoi nous avons reçu des propositions d'universitaires et de fournisseurs de service du monde entier. Nous avons ensuite tenu une série de rencontres et de consultations régionales avec des intervenants afin de connaître les points de vue d'un vaste échantillon représentatif d'universitaires, de décideurs et de représentants d'organismes gouvernementaux et non gouvernementaux (ONG).

Le projet reposait sur une approche participative et itérative. Nous avons mené un sondage en boule de neige afin d'identifier dans différents pays des spécialistes de sphères de recherche et de politique pertinentes, et nous avons impliqué les intervenants en jumelant les groupes de discussion et les rencontres avec les forums internationaux existants. Nous avons également formé de petits groupes de réflexion sur chacun des enjeux afin de définir le processus de recherche, et nous avons organisé des symposiums régionaux réunissant des universitaires, des professionnels de la santé, des décideurs et des organismes donateurs afin de recueillir plus d'information sur les enjeux propres aux régions. Dans le but d'assurer une véritable participation des intervenants des pays en développement, nos partenaires régionaux ont dirigé des cyberforums qui portaient sur des questions propres à l'Amérique latine et à l'Afrique. Chaque appel de commentaires nous a permis de peaufiner notre document de discussion et nous a fourni des thèmes pour d'éventuelles discussions.

Les organismes associés ont pris les devants dans différents volets du projet en plus de livrer leur rétroaction sur la préparation du document de travail. Les partenaires provenant des pays en développement associés à l'UNIFEM et à l'UNESCO ont structuré, mis en oeuvre et dirigé les consultations régionales. D'autres ont participé à des séances de planification, apporté un soutien technique concret, coordonné les dialogues régionaux, organisé des consultations dans le cadre des forums internationaux existants et parrainé le projet afin de le faire mieux connaître et d'attirer l'attention d'autres partenaires éventuels. Le Conseil consultatif de l'ISFH a agi comme comité directeur de l'ensemble du projet.

Nous avons misé sur une utilisation optimale du réseau Internet, du courrier électronique et des téléconférences, doublée de rencontres en personne et d'une série de symposiums, pour faciliter le dialogue à l'échelle internationale, diffuser les conclusions de l'étude, faire connaître les annonces de financement et encourager une collaboration future entre les organismes partenaires et les participants.

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Résultats de l'expérience d'AC


Dans l'ensemble, le projet a rassemblé 250 chercheurs, professionnels et décideurs représentant 80 organismes oeuvrant dans le domaine de la santé des femmes et des hommes dans plus de 30 pays.

Nous avons ainsi défini huit enjeux prioritaires (la sécurité alimentaire et la nutrition, le VIH/sida, la santé au travail, la santé génésique, la santé mentale, la toxicomanie, la violence et les maladies infectieuses) et quatre sujets d'intérêt particulier (le bien collectif international, les mouvements migratoires et la santé, la gouvernance mondiale de la santé et la santé des peuples autochtones dans le monde) qui se recoupent avec la mondialisation, la santé, les femmes et les hommes. Des documents de discussion sur chacun de ces sujets, qui peuvent servir à orienter les programmes de recherche, de formation et de formulation de politiques, ont été joints au document de travail qui a fait l'objet d'une vaste diffusion en français, en anglais et en espagnol. Nombre de nos organismes partenaires ont diffusé d'autres produits du projet, notamment une série d'articles, de documents et d'exposés portant sur les conclusions du projet, par le truchement des réseaux formés par les universitaires, les ONG et les gouvernements.

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Enseignements tirés


Au fil des nombreuses collaborations qui ont appuyé le projet, nous avons tiré d'importantes leçons sur la création de partenariats et le processus de collaboration dans le cadre d'initiatives mondiales en santé.

Cultiver la confiance

L'un de nos plus grands défis aura été d'instaurer un climat de confiance. Même si le soutien de partenaires comme la Banque mondiale a incité quelques collaborateurs à croire que nos résultats serviraient à l'élaboration de politiques, certains craignaient de participer à l'initiative d'un organisme qu'ils percevaient comme un défenseur de formes injustifiées de mondialisation. De plus, certains partenaires des pays en développement estimaient que, dans le passé, des nations développées s'étaient servies d'eux et hésitaient à investir de leur temps et de leur expertise dans un projet financé par des organismes nord-américains. Des réserves semblables ont été exprimées par des partenaires de pays riches qui estimaient que pareils projets ne débouchent habituellement sur rien, engouffrent des ressources et n'apportent rien de concret.

Afin de surmonter ces objections, il a véritablement fallu écouter et comprendre les préoccupations exprimées par les partenaires éventuels et les participants. Il importait d'informer les parties intéressées et de les laisser libres de choisir leur degré d'implication, mais il a fallu beaucoup de temps pour renseigner chacun des 250 collaborateurs sur les nouveaux projets. Nous avons également appris que les personnes totalement engagées dans une étape du projet peuvent se sentir exploitées si on ne sollicite pas constamment leur avis au fil du processus. Les retards dans la production de résultats étaient une autre source de frustration potentielle. Préserver la confiance des participants exige beaucoup de temps et d'argent, même après l'achèvement du projet.

Apprécier la diversité

Les définitions de la mondialisation et de son incidence sur la santé sont des sujets qui ne font pas l'unanimité et les points de vue divergent sur plusieurs points. Le clivage idéologique entre les intervenants était accentué par un sentiment de territorialité à savoir quelle expertise devait faire autorité. Quelques partenaires ont directement contesté la légitimité du savoir et de l'apport des autres, faisant valoir qu'ils étaient trop néophytes en matière de recherche sur la santé ou mettant en doute la valeur de leurs opinions. Gagner la confiance et un consensus dans un tel climat de séparation n'a pas été une mince affaire. N'ayant pas trouvé une solution définitive à ces problèmes, nous avons néanmoins imaginé des stratégies utiles : nous avons adopté les définitions des Nations Unies sur la santé, les femmes et les hommes et la mondialisation, et nous avons défini les paramètres du projet en fonction des engagements internationaux, comme Les objectifs du Millénaire pour le développement.

Dégager un consensus

Comme les priorités varient grandement entre les régions et à l'intérieur de celles-ci, il a fallu beaucoup de temps et d'efforts pour parvenir à un consensus.

Étant donné l'étendue des résultats du projet, les bailleurs de fonds ont exigé que l'équipe de recherche dégage un consensus sur quelques enjeux clés à l'intérieur desquels s'entrecroisent la mondialisation, la santé, les femmes et les hommes, aux fins de formuler des recommandations pour les activités futures de recherche et de formation. Toutefois, comme les priorités varient grandement entre les régions et à l'intérieur de celles-ci, il a fallu beaucoup de temps et d'efforts pour parvenir à un consensus. Avant d'en arriver à une liste principale d'enjeux et de recommandations emportant l'adhésion de tous les partenaires, il a fallu mettre de côté des idées que certains défendaient avec passion. En dernier ressort, tous les participants ont dû faire un compromis. Ils en sont arrivés à une liste d'enjeux prioritaires très diversifiés, reflétant le plus possible la diversité des régions et des contributions.

Emploi des technologies

Afin de favoriser la participation d'intervenants étrangers, le projet a grandement utilisé les technologies de l'information et des communications (TIC) : forums de discussion sur le Web, bénévoles en ligne*, courrier électronique, ressources électroniques et serveurs de liste. Les TIC coûtent beaucoup moins cher que les déplacements et les appels interurbains. Toutefois, le recours aux TIC a limité le nombre d'individus et d'organismes qui pouvaient prendre part à cette initiative, en particulier chez nos collègues en Afrique où subsistent des problèmes d'accès au réseau et d'infrastructure. Les TIC ont parfois posé problème lorsque les communications se déroulaient en plusieurs langues.

Réciprocité

Nous voyons dans le soutien officieux et les réseaux du savoir que ce projet a mis en place entre nos collaborateurs internationaux une énorme récompense pour le temps et les efforts consacrés à la création d'un climat de confiance. Une correspondance régulière entre les collaborateurs au sujet des possibilités de financement, des événements internationaux et des ressources utiles se poursuit, même après la fin des consultations. La qualité des échanges et des liens de confiance qui se sont établis entre eux est mise en évidence par le fait que l'équipe de recherche est régulièrement sollicitée par des collaborateurs afin d'étu-dier des demandes de subvention, de commenter des propositions de recherche et d'identifier des sources de financement potentielles, ou des publications ou des forums où les collaborateurs peuvent présenter leurs travaux. Il importe de souli-gner que l'échange d'information a lieu dans les deux sens; les partenaires qui vivent dans les pays industrialisés sont tout autant susceptibles de demander conseil et soutien à leurs collègues des pays en développement que l'inverse.

La réussite d'un partenariat ou d'une collaboration repose toujours, dans une certaine mesure, sur la diversité des personnalités en cause et sur la souplesse des organismes de financement.

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Conclusions et répercussions


S'il est possible de généraliser quelques-unes des leçons que nous avons tirées de cette collaboration internationale, on ne saurait réduire une collaboration fructueuse à un seul ensemble d'outils uniformisés. Plutôt, ainsi que l'a souligné l'un de nos partenaires étrangers, la réussite d'un partenariat ou d'une collaboration repose toujours, dans une certaine mesure, sur la diversité des personnalités en cause et sur la souplesse des organismes de financement.

Néanmoins, nous espérons que ce que nous avons appris à propos de la somme de temps et d'énergie investie dans l'établissement d'une solide collaboration internationale aidera d'autres groupes à mener des activités mondiales de recherche et d'AC en santé. À ce niveau, l'AC repose sur un équilibre constant des intérêts, des cultures et des valeurs. À défaut de préserver la confiance, de respecter la diversité, de recourir aux technologies appropriées et de rendre la pareille à nos collègues, cet équilibre peut se rompre.


* Le Programme des Nations Unies pour le développement, par l'entremise de l'initiative NetAid, nous a permis de collaborer avec deux bénévoles exceptionnels : George Gopal au Kenya et Sahar Saquib en Afghanistan. Cette expérience virtuelle s'est avérée tellement positive qu'en 2003, l'équipe de recherche du Centre de recherche sur la santé des femmes a proposé la candidature de George Gopal au prix des Nations Unies pour le bénévole virtuel de l'année, qui a d'ailleurs été retenue.

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